Bruay-la-Buissière | Le compagnon de la mère condamné pour viol sur une fillette de 10 ans
Il faisait du chantage sexuel à la fillette en échange d’un accès à l’ordinateur et à Facebook
Entre 2007 et 2009, une fillette a subi un viol et des agressions sexuelles de la part du compagnon de sa mère. Révélés en 2015, les faits valent à l’homme cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, et une interdiction définitive de toute activité avec des mineurs.
Les faits remontent aux années 2007-2009 mais n’ont été révélés par la plaignante, mineure à l’époque des faits, qu’en 2015.
Maman, depuis l’âge de 10 ans, je ne suis plus vierge.
Il m’a tout volé.
Pendant dix ans, je n’ai rien dit…
C’est par ces mots que cette affaire, jugée jeudi, prend corps.
L’enquête qui s’ensuit mettra des faits derrière ces mots terribles de souffrances refoulées, accumulées.
Les faits, un viol et trois ou quatre agressions sexuelles, se situent entre juin 2007 et juillet 2009, à Bruay-La-Buissière.
L’ex-petit ami de sa maman (âgé de 26 à 28 ans à l’époque) fait du chantage sexuel à la jeune fille en échange d’un accès à l’ordinateur, à Facebook.
Entre la commission des faits et leur révélation, dix années de silence.
La plaignante l’explique par des menaces, la peur d’être l’élément déclencheur d’une séparation entre son « papounet » avec qui sa maman (à elle) s’entend bien.
Parce que la jeune fille ne veut pas non plus, au début de l’enquête, qu’il soit puni.
Je voulais juste en parler, toujours en parler.
Et si l’affaire s’était arrêtée au stade de consultations avec un psychologue, cela lui aurait suffi, pense-t-elle alors.
Mais elle décide d’aller jusqu’au bout.
Aujourd’hui, elle attend que « justice soit rendue à un moment où beaucoup n’osent pas porte plainte ».
Car le prévenu – qui nie tout en bloc – et son avocate tentent d’insinuer le doute sur sa crédibilité, sur les variations dans ses déclarations successives.
Vous avez beaucoup de doute et peu de certitudes dans ce dossier
, tente l’avocate auprès des juges après avoir rappelé que son client n’est pas connu de la justice, qu’il n’a été inquiété d’aucune façon depuis 2015, qu’aucune déviation n’a été révélée par les expertises, qu’il a été « sidéré, choqué » lors de sa mise en cause, qu’il en souffre beaucoup depuis…
Cette affaire intervient quelques jours après l’adoption par l’Assemblée nationale de loi dite intégrale sur les violences sexistes et sexuelles.
J’espère qu’elle permettra notamment d’éviter le parcours de plaignants qui ont à dire par dix fois la même chose
, a posé la procureure adjointe Émilie Droit, pour qui la culpabilité du prévenu ne laisse pas de place au doute.
Et de requérir une peine de cinq ans de prison dont trois assortis d’un sursis simple (c’est-à-dire, sans contrainte).
Les juges l’ont finalement condamné à cinq ans de prison dont quatre avec sursis, la peine ferme pouvant être aménagée par son placement sous bracelet électronique.
Il est de plus interdit de contact avec la victime pendant trois ans, et interdit de toute activité avec des mineurs à titre définitif – il fera l’objet d’une inscription au fichier des délinquants sexuels (FIJAIS).
Enfin, il devra payer la somme globale de 16 500 € pour préjudice.