Bordeaux | Un quadragénaire repérait ses jeunes victimes dans un club de VTT
Encore un récidiviste...
Le dossier d’un homme, poursuivi depuis 2025 pour corruption de mineurs sur des enfants âgés de 13 à 14 ans, a été examiné en urgence après l’affaire Lyhanna. Condamné mardi, il entraînait des adolescents dans un club de VTT.
Mardi 1er septembre, un quadragénaire a été condamné par le tribunal judiciaire de Bordeaux à cinq ans de prison avec maintien en détention, huit ans de suivi sociojudiciaire et une interdiction définitive d’exercer une activité professionnelle ou bénévole en présence d’enfants.
Son cas a été examiné en urgence lors de la revue des dossiers d’enfants ordonnée par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, après l’affaire Lyhanna.
Le mis en cause, qui réfléchit toujours à faire appel, était déféré pour « corruption de mineurs » envers trois jeunes garçons, âgés de 13 à 14 ans.
Ces derniers, comme leurs parents, se sont constitués parties civiles.
Tout a commencé fin juillet 2025 dans un club de VTT, en Gironde.
Selon Lisa Lebaillif, l’avocate du quadragénaire, ce dernier s’y était inscrit quelques années plus tôt pour lutter contre la solitude.
Très apprécié dans le club, il devient responsable des compétitions et des entraînements des adolescents.
Pourtant, déjà condamné en 2013 pour « corruption de mineurs », « agression sexuelle » et « captation d’images », l’homme avait l’interdiction d’exercer toute activité bénévole ou salariée auprès de mineurs depuis 2024.
Cette interdiction avait été prononcée lors d’un procès au cours duquel il lui était reproché d’avoir photographié à leur insu des enfants auxquels il donnait des cours particuliers.
Des apéritifs avec les pères des enfants
Selon Céline Abella, l’avocate des trois familles qui se sont constituées partie civile, le mis en cause avait le comportement d’un pédomane.
Il parlait de sexe avec les mineurs, leur demandait s’ils se masturbaient, à quelle fréquence et pouvait aller jusqu’à les inciter à le faire non loin de lui.
« C’est un prédateur sexuel qui place ses pions lentement. Il a d’abord intégré le club de VTT en 2023. Au début, il proposait des apéros aux pères des enfants, les mettant en confiance… Puis, il a proposé que leurs fils dorment chez lui la veille des compétitions pour simplifier les déplacements », détaille-t-elle.
La situation dégénère d’ailleurs un soir.
L’un des adolescents, hébergé chez son entraîneur, est troublé par le comportement « bizarre » de ce dernier.
Son coach lui propose d’abord de jouer à GTA (un jeu vidéo dans lequel le joueur incarne un criminel) avec l’extension « strip-tease », puis de se doucher dans une salle de bains dépourvue de rideau de douche et de poignée de porte, dont l’ancien emplacement laisse un trou permettant de voir à l’intérieur.
Resté à proximité, l’entraîneur continue de lui parler à travers la porte.
Selon l’adolescent, il lui touche aussi le torse et la cuisse.
Quand sa mère l’appelle avant qu’il se couche, le garçon ne se sent pas bien.
Elle perçoit son malaise et exige que son père, dont elle est séparée, retourne le chercher.
Le temps long qu’il passe à s’organiser prouve qu’il n’agit pas sous la pulsion
Par la suite, c’est elle qui alertera le président du club de VTT et les autres parents du danger.
Plusieurs témoignages conduisent rapidement le président à écarter le quadragénaire dans l’attente de plus amples éclaircissements.
Entendu en garde à vue le 14 juillet 2026 seulement, puis placé en détention provisoire, il reconnaît les faits, à l’exception des attouchements sur l’adolescent.
Bien que le délai de cinq ans requis pour caractériser la récidive légale entre deux délits ait été dépassé, le quadragénaire présentait, aux yeux du tribunal, un profil suffisamment inquiétant pour justifier une peine plus lourde que celle requise par le parquet (cinq ans ferme contre cinq ans, dont un an avec sursis).
« La peine est justifiée au regard de son casier judiciaire. Le temps long qu’il passe à s’organiser prouve qu’il n’agit pas sous la pulsion, contrairement à ce qu’il dit. Il s’agit d’un prédateur sexuel qui guette sa proie », déclare Me Abella.
Avant de conclure :
« Ce dossier est resté dans les limbes de la justice plus d’un an, qui sait ce qui aurait pu se passer s’il n’avait pas été réexaminé après l’affaire Lyhanna. »