Bordeaux | Un garçon de 7 ans affirme avoir été violé par le directeur de l’établissement
Je n’ai rien à faire sur cette terre
Un garçon de 7 ans, élève d’une école catholique de Bordeaux (Gironde), affirme avoir été violé par le directeur de l’établissement. Sa mère dénonce le silence de l’institution et la lenteur de l’enquête, alors que le mis en cause, présumé innocent, est toujours libre.
Arthur* fréquentait l’école Sainte-Marie-Bastide, à Bordeaux. Fin février 2026, ses parents se voient interdire l’accès à l’établissement. Un responsable s’interpose, d’un ton glacial :
« Vous, vous passez pas ! » La raison ? À la récréation, Arthur a confié à ses camarades que le directeur lui avait fait du mal.
L’école lui reprocherait des « propos diffamatoires envers l’établissement », et l’enfant n’y est plus que toléré.
Quelques jours plus tôt, Arthur avait mimé des fellations devant les pédopsychiatres qui le suivent. Un signalement judiciaire a été effectué, la brigade des mineurs a auditionné l’enfant, le directeur a été suspendu et une enquête préliminaire a été ouverte.
Un écolier qui dépérissait à vue d’œil
C’est en 2024, deux mois après l’entrée d’Arthur au CP, que ses parents remarquent un changement de comportement. Le petit garçon, joyeux jusque-là, refuse d’aller en classe, fugue, sombre.
« Je n’ai rien à faire sur cette terre », lâche-t-il à sa mère, Juliette.
Au CE1, le directeur le prend en charge de 8 h 20 à 10 heures. C’est dans son bureau, au deuxième étage, que les sodomies auraient été commises, d’après les confidences de l’enfant.
Une procédure qui s’éternise, un suspect en liberté
Faute d’information judiciaire ouverte plusieurs mois après les premières révélations, l’avocat de la famille, Me Bruno Questel, a préconisé le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile. En juillet 2026, une seconde plainte vise l’ex-directeur pour « viols aggravés », « agressions sexuelles » et « menaces de mort » sur deux petits garçons de l’ensemble scolaire. Une information judiciaire a depuis été ouverte, selon le procureur de Bordeaux, cité par l’AFP.
L’homme, présumé innocent, a été aperçu, à la rentrée, à une rue du domicile de la famille.
Juliette s’interroge : « Comment j’expliquerai à mon fils qu’il a le droit de se balader en bas de chez nous alors qu’il me demande tout le temps s’il est en prison ? »