Bénerville-sur-Mer | Une éducatrice d’un foyer condamnée pour atteinte sexuelle sur mineur
Une prédatrice en liberté
Surprise en train d’enlacer un garçon de 17 ans, une éducatrice de 39 ans d’un foyer pour mineurs de Benerville-sur-Mer (Calvados) a été condamnée, mardi 13 octobre 2026 par le tribunal de Lisieux, à six mois de sursis probatoire.
Un jeune garçon âgé de 17 ans, accueillis dans un foyer pour mineurs à Bénerville-sur-Mer (Calvados), avait fini par reconnaître une relation inappropriée avec une éducatrice de 39 ans.
Elle avait été surprise par une collègue, le soir du 14 février 2024, après une soirée anniversaire, dans la buanderie de l’établissement, un peu trop proche du jeune homme.
Elle s’était défendue en affirmant qu’elle l’avait juste décalé en le prenant par les épaules », et qu’elle n’était pas seule avec lui ce soir-là.
Un autre jeune était venu pour laver ses baskets à la buanderie, mais il n’était pas resté et un troisième jeune les avait croisés à la sortie.
L’autre éducatrice avait constaté que sa collègue et le jeune avaient sursauté à son arrivée.
Elle avait signalé ce dérapage à la direction.
« Trop proche des jeunes »
L’enquête diligentée ne permettait pas de faire toute la lumière sur les événements.
Le jeune mineur expliquait qu’il était bourré et qu’elle l’avait rattrapé, puis assurait qu’il n’avait rien bu.
Agacé, il avait lancé :
Vous pensez quoi ?
Elle a l’âge de ma mère !
Mis sous pression, bien que refusant de porter plainte, il finissait par admettre un rapprochement avec baisers et gestes sexuels. C’est déjà arrivé trois fois.
Puis il parle de dix fois, peut-être plus.
Ce soir-là, elle avance vers moi.
Je laisse faire, je ne le prends pas mal.
Elle m’avait déjà touché dans la cuisine.
Il n’y aurait jamais eu de rapports sexuels.
À la barre du tribunal de Lisieux, mardi 13 octobre 2026, elle réfute tous les faits qui lui sont reprochés.
Ma collègue a dû mal interpréter.
Le jeune avait peut-être ses mains sur mes hanches.
Alors elle a inventé ?, coupe la présidente, qui rappelle que plusieurs témoignages sur le comportement de l’éducatrice sont troublants, la déclarant trop proche des jeunes, avec un langage pas adapté, une proximité trop grande sur les photos.
La présidente du tribunal rappelle encore que la prévenue serait dans un jeu de séduction avec certains jeunes et aurait déjà eu des relations sexuelles avec un jeune dans les toilettes, et été surprise en train d’en embrasser un autre dans la salle de sport.
Ça fait beaucoup de monde, souligne la présidente, qui lui attribue également une aventure, en 2021, avec un jeune majeur dans un lycée de Lisieux.
Et trois ans plus tard on vous retrouve dans une situation bien difficile !
Pourquoi n’avez-vous pas été plus prudente ?, interroge la présidente, qui fait lecture de l’expertise psychiatrique de la prévenue, mettant en avant une relative désinhibition, une carence du lien, une immaturité et une proximité continue avec l’adolescence.
Il n’y a pas de pathologie avérée mais l’expert n’écarte pas la possible réitération et préconise un suivi sociojudiciaire.
Elle a un casier vierge.
La procureure s’étonne en découvrant qu’elle travaille encore aujourd’hui dans la surveillance d’un internat pour adolescents.
Vous quittez un lieu où vous rencontrez des difficultés avec les jeunes et vous retravaillez avec des jeunes ?
Si elle met en avant “la version changeante du jeune homme” ainsi qu’un “contexte de dénonciation un peu particulier” , elle pointe un “comportement déviant de l’éducatrice.”
Il faut savoir garder sa position !
Elle a l’art et la manière de se mettre dans les embrouilles !
Le jeune est fugueur, menteur.
Elle a pris le gamin le plus cassé de l’institut !
Selon l’avocat de la défense, s’il y a beaucoup d’éléments à charge, il convient de nuancer.
Il y a un nœud de rumeurs sur ma cliente.
Il faut faire le tri de l’impression qu’on a de cette affaire
Il rappelle que la victime est : un mineur à problèmes, avec de nombreuses difficultés comportementales.
Il a inventé ou exagéré pour se protéger lui-même.
Ce dossier nécessite prudence et retour à la réalité factuelle, tout en assurant que, depuis les faits, sa cliente s’est ressaisie.
Le tribunal l’a condamnée pour les faits du 14 février 2024, à six mois de prison, assortis d’un sursis probatoire de deux ans avec obligation de soins.
Elle est également interdite d’exercer pendant cinq ans une activité en lien avec des mineurs et est inscrite au fichier des auteurs d’infractions sexuelles