Belfort | Un pédocriminel identifié sur Facebook par 2 faux comptes Facebook
Deux faux comptes Facebook créés par l'Association Team Moore
Un homme de 40 ans a reconnu devant le tribunal correctionnel de Belfort avoir envoyé des messages à caractères sexuels à deux mineures sur Facebook pendant plusieurs mois.
Le pédocriminel Martial Iber, 40 ans, alais « Mario Mario » sur internet, se fait prendre par deux faux comptes Facebook créés par la Team Moore.
Des comptes qui étaient des faux, créés par une association de lutte contre la pédocriminalité.
C’est une situation que l’on retrouve de plus en plus devant les tribunaux.
Un prévenu qui doit répondre de ses actes devant la justice, après qu’il a échangé des messages à caractère sexuel avec un ou une mineure sur un réseau social. Des mineures qui étaient en réalité… de faux profils.
C’est le cas qui a été mentionné devant le tribunal correctionnel de Belfort, ce lundi 14 septembre.
Le prévenu, Martial Iber, 40 ans, a reconnu avoir tenu des conversations à caractère sexuel sur Facebook avec deux mineures pendant plusieurs mois en 2024, entre le 2 février et le 4 juillet.
« Des milliers de screens de conversations ont été trouvés lors de l’expertise informatique », explique le substitut du procureur, Alexandre Vial.
Jouets Harry Potter
Il utilisait le nom de compte « Mario Mario », et se présentait comme un garçon de 11 ans, en envoyant des messages aux comptes Facebook de deux jeunes filles de 11 et 12 ans, depuis son appareil à Giromagny.
Des comptes qui étaient en réalité des faux, gérés par des bénévoles de l’association Team Moore, qui a pour objectif de traquer les pédocriminels. C’est cette même association qui a porté plainte contre lui en juillet 2024.
Dans ses messages, il proposait notamment à l’une de « lui acheter des jouets Harry Potter », si elle se « laissait caresser », décrit la présidente Jessica Bernard, lors de la lecture des faits.
Il proposait qu’elle soit son « objet sexuel », demandait des photos de ses parties intimes ou encore proposait d’en envoyer une.
« Il y a une véritable démarche pour que la conversation devienne réelle », ajoute l’assesseure, Johanna Dias De Melo.
Et « il n’y a aucun doute sur la caractérisation des faits », renchérit le substitut au procureur.
Une question restait à traiter lors de l’audience : le jugement du prévenu était-il altéré ou bien était-il parfaitement conscient de ses actes ?
L’expertise psychiatrique qui a été réalisée sur le prévenu a montré « une fragilité psychologique, une immaturité affective et des antécédents dans son enfance d’un traumatisme d’ordre sexuel, mais pas de pathologie psychiatrique », décrit la présidente.
Interrogé, ce dernier soutient qu’il ne « comprenait pas la gravité » de ce qu’il faisait, qu’il avait débuté dans ses penchants à cause de ses « traumatismes » d’enfance, mais qu’il n’aurait jamais fait « plus que des messages ».
Il explique aussi en avoir fini avec ce type de pratiques depuis qu’il est avec sa compagne actuelle, présente à l’audience et enceinte.
D’autres éléments pourtant viennent noircir le tableau. Il avait déjà deux mentions sur son casier judiciaire pour des faits de détention d’images pornographiques (en 2013) et de harcèlement sexuel (en 2024).
Des visites sur des sites à caractère pédocriminel ont également été retrouvées sur son ordinateur en août 2026.
Lors de ses réquisitions, le substitut du procureur a insisté pour une peine d’emprisonnement ferme de 18 mois et un suivi socio-judiciaire d’une période de 10 ans.
« Je n’ai qu’une crainte, c’est qu’il recommence », clame-t-il à l’audience.
L’avocate de la défense, Maître Josée Martinez, insiste sur « l’état de déviance » du prévenu pour qui « les soins seront primordiaux pour qu’il s’en sorte une bonne fois pour toutes ».
Elle demande un aménagement de peine, au vu de sa situation familiale.
La décision finale a été de le condamner à 12 mois d’emprisonnement ferme et à un suivi socio-judiciaire sur une période de cinq ans.