Barlin | 6 ans de prison pour pédopornographie et tentative de viol sur sa fille
L’expert psychiatre estime que « seul l’enfermement en prison empêchera la récidive »
Après plusieurs condamnations pour des faits de pédopornographies, ce Barlinois comparaissait à nouveau devant le tribunal de Béthune. En 2025, le collège de sa fille avait fait un signalement concernant une agression de 2018, soit avant ces premières condamnations.
La honte qu’il se porte ne laisse qu’une faible part d’empathie pour les enfants victimes.
Ce Barlinois quadragénaire comparaissait une nouvelle fois devant le tribunal judiciaire de Béthune pour avoir détenu et diffusé des images pédopornographiques.
Condamné à plusieurs peines de prison ferme, il demande au tribunal « une dernière chance » parce que cette fois-ci, il a reconnu « tous » les faits.
C’est un signalement de 2025 du collège dans lequel sa fille est scolarisée qui l’encouragera, ou le forcera, à reconnaître cette agression de 2018.
Cet été-là, le père de famille profite d’un moment seul avec sa fille pour lui montrer des images pornographiques, une fellation, et lui demande si « elle voudrait faire pareil ».
Il baisse son pantalon et s’arrête quand la fillette lui dit « qu’ils ne peuvent pas faire ça ».
« J’ai toujours une faiblesse avec les mineurs », livre d’une faible voix le prévenu.
« Vous parlez au présent » , s’inquiète le président.
« Oui, assume le mis en cause. C’est ce qui a conduit à ce que je reproduise les faits. »
Une centaine de vidéos, 1 500 images pédopornographiques et moins d’une centaine d’images zoophiles seront retrouvées par les enquêteurs.
Certains fichiers sont effacés mais leurs noms prêtent à penser qu’il s’agissait de contenus pédopornographiques, d’autres sont diffusés notamment sur le réseau social X.
Les enquêteurs remonteront aussi une conversation Snapchat de mai 2026 dans laquelle le Barlinois « cherche des jeunes filles de 12 ans ».
Des propos très inquiétants sont retransmis.
« Vous êtes prêt à commettre un viol », s’alarme la procureure.
« Mon comportement était de plus en plus inquiétant.
Je me suis senti complètement bête après.
Quand ça va mal, j’ai cette envie de télécharger ces images et je ne me résume qu’à ça.
Je suis dans cette case quoique je fasse.
Et le regard de mes proches… »
Comment expliquer ces déviances ?
Encouragé par le président, le Barlinois revient sur son enfance : une mère violente et un père alcoolique.
Il explique avoir été violé par son grand frère alors qu’il était enfant.
D’autres agressions seront relatées par le président.
« Le psychologue dit que je ne suis pas construit normalement », confie-t-il.
Notant un fonctionnement pervers, une dangerosité croissante et des comportements totalement désinhibés, l’expert psychiatre estime que « seul l’enfermement en prison empêchera la récidive ».
« C’est la première fois que j’entends des conclusions comme celles-là », retient le président, alarmé.
De son côté, Me Dennetiere, avocat du mis en cause, évoque « une dualité : un profil capable de passer en revue ces images et un autre avec une volonté imparfaite de s’en sortir ».
« Laissons-lui le temps de venir de lui-même à la solution ultime (la castration chimique, possible seulement avec l’accord de la personne, qui a été évoquée dans les débats). L’enjeu aujourd’hui n’a jamais été sa culpabilité, il reconnaît les faits, mais la possibilité pour lui de comprendre et de croire qu’il fait encore partie de la communauté. »
Le Barlinois sera condamné à six ans de prison ferme avec mandat de dépôt, accompagné d’un suivi socio-judiciaire pendant dix ans.
Il fait l’objet d’obligation de soins psychologiques et addictologiques, d’une interdiction d’entrer en contact avec sa fille ainsi qu’avec des mineurs.
Le retrait total de son autorité parentale a par ailleurs été prononcé.
« Ma cliente n’attend qu’une chose : oublier »
, confiera Me Druat, représentant la jeune fille aujourd’hui âgée d’une quinzaine d’années.