Bailleul | 8 mois avec sursis pour recours à la prostitution d’une mineure de 13 ans
Malgré l’appel de la mère, il avait recontacté l’adolescente pour lui proposer de la revoir
Mercredi, un quinquagénaire comparaissait devant le tribunal de Dunkerque. Il a eu recours à la prostitution d’une Steenwerckoise de 13 ans. Il était aussi poursuivi pour corruption de mineure. L’homme a été condamné à huit mois de prison avec sursis.
Ce sont des faits anciens qui ont été jugés mercredi au tribunal de Dunkerque.
Mais, comme l’a souligné le ministère public :
ils sont toujours d’actualité, tout spécialement depuis ces quelques mois
faisant ainsi écho à l’affaire Lyhanna qui a mobilisé tous les parquets et tribunaux de France sur les procédures de violences sexuelles sur mineurs.
Le 7 octobre 2020, les parents d’Elisa (*) se présentent à la gendarmerie d’Estaires.
Ils expliquent qu’en juillet, leur fille de 13 ans a eu une relation sexuelle tarifée avec un homme prétendant avoir 40 ans.
Depuis, elle ne va pas bien du tout.
Ils ont retrouvé un couteau et un compas sous son oreiller.
Leur fille se scarifie et a des idées suicidaires.
Elle a dû être hospitalisée.
Elle a complètement décroché au niveau scolaire.
Sentiment de culpabilité
Elle a avoué à ses parents avoir fait une « bêtise ».
Elle a créé une page Facebook proposant des prestations sexuelles avec, en illustration, la photo d’un soutien-gorge.
Pourquoi ?
J’ai vu d’autres filles le faire, et je voulais gagner de l’argent,
expliquera l’adolescente, qui culpabilise.
C’est effectivement une conduite à risque,
souligne le ministère public, qui ajoute que le vrai coupable est l’individu qui en a profité.
Il s’agit d’A., 53 ans aujourd’hui, domicilié à Coudekerque-Branche.
Mercredi, à la barre du tribunal, il explique :
On s’était donné rendez-vous face au Decathlon de Bailleul.
Elle était venue à pied de Steenwerck.
Je me suis garé à un endroit discret.
L’adolescente a précisé qu’il a profité de la situation pour lui caresser les fesses et la poitrine.
Quand on lui montre une photo d’Elisa, prise en 2020, il s’exclame :
C’est pas ça que j’ai vu.
Elle faisait 18 ans pas 13 ans !
Et pourtant la jeune fille lui avait déclaré avoir 16 ans, donc être mineure.
Quand la mère d’Elisa a su ce qui s’était passé, elle a appelé le prévenu pour lui dire que sa fille n’a que 13 ans.
Malgré cela, il a recontacté la fillette et lui a proposé de la revoir.
Des demandes de photos en pyjama
L’avocate d’Elisa, aujourd’hui majeure, et de ses parents, a eu connaissance d’une procédure antérieure concernant le prévenu, confirmée par la présidente d’audience.
En mai 2025, A. avait fait l’objet d’un signalement par une maison d’enfants, où il était employé comme veilleur de nuit.
Il faisait des propositions à des mineures du foyer, via Instagram, leur demandait des photos d’elles en pyjama, et leur envoyait des messages à caractère sexuel.
Je ne comprends pas que cette procédure de 2025 a fait l’objet d’un classement sans suite, alors qu’une procédure datant de 2020, et concernant également une corruption de mineure, était en cours depuis cinq ans, plaide l’avocate.
Cette fois, la justice a reconnu le risque de récidive, en interdisant au quinquagénaire d’exercer toute activité en lien avec des mineurs, et ce à titre définitif.
Il est par ailleurs condamné à une peine d’emprisonnement de huit mois avec sursis probatoire de deux ans.
(*) Le prénom de la victime, mineure à l’époque des faits, a été modifié.