Aveyron-Hérault | Un mécanicien de 26 ans condamné à 4 ans de prison ferme pour des agressions sexuelles sur onze adolescents

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Le détail des faits apparaît et donne la nausée..
Un mécanicien de 26 ans de la commune de La Cavalerie condamné à 4 ans de prison ferme pour des agressions sexuelles sur onze adolescents

Condamné par le tribunal de Rodez, le prévenu avait déjà été condamné en 2020 pour des faits similaires.

La présidente du tribunal Blandine Arrial énumère un à un les faits qui sont reprochés à cet homme de 26 ans, natif de Béziers.

Et ce n’est qu’après de longues minutes que la magistrate en termine : on y parle de la corruption de mineur présentant un caractère pornographique, à des propositions sexuelles ou encore la sollicitation d’un mineur de 15 ans par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image…

Onze adolescents âgés de 11 à 15 ans ont été victimes de ses agissements, sur une période allant de 2019 à 2023, sur la commune de La Cavalerie.

Au fur et à mesure de l’avancée de l’audience et de la lecture du dossier, le détail des faits apparaît “et donne la nausée”, comme l’a soulignée la présidente.

Le prévenu envoyait donc de très nombreux messages à ces adolescents où il livrait tous ses fantasmes les plus sordides.

Et pour les pousser à participer ou à envoyer des photos de leur sexe, il ira même jusqu’à leur proposer de l’argent.

Plusieurs centaines d’euros qui finiront, presque, par convaincre certains adolescents les plus vulnérables.

Et la façon dont cette histoire a commencé est encore plus inquiétante.

Après avoir été condamné en janvier 2020 par le tribunal de Béziers pour des faits similaires – et alors qu’il avait l’interdiction d’approcher des mineurs – le prévenu s’installe à La Cavalerie où il exerce le métier de mécanicien.

Jusqu’ici, ses pulsions n’avaient pas refait surface. Il va alors fréquenter un club d’autocross, une autre de ses passions avec la pêche, se fera apprécier des membres de l’association qui le trouveront particulièrement serviable.

Mais alors qu’il va sympathiser avec les parents, il en profitera pour se rapprocher des enfants.

Demandes de rencontres

“Et des parents se sentent aujourd’hui coupables de vous avoir fait confiance. Certains ont autorisé leurs enfants à communiquer avec vous sur les réseaux sociaux. Vous avez profité de leur crédulité”, tempête l’avocat de plusieurs familles, Me Laurent Vialaret. Certaines des photos reçues seront d’ailleurs partagées par le prévenu sur la messagerie Telegram, sur un groupe de discussion réunissant d’autres amateurs de ce genre de clichés…

Outre ses demandes très insistantes pour obtenir des photos dénudées de ces jeunes adolescents, il va leur proposer explicitement d’avoir des relations sexuelles avec eux.

Il ne passera jamais à l’acte.

Mais que “se serait-il passé si jamais vous aviez pu les rencontrer, les inviter dans votre fourgonnette, comme vous le demandiez ?”, l’interroge la présidente du tribunal Blandine Arrial. “Je ne sais pas…”, marmonne le prévenu. “On a évité le pire”, assène alors la magistrate.

Surtout, lors d’un entretien avec un psychiatre, après son interpellation, celui-ci avouera que s’il devenait un jour père, il aurait “des doutes sur sa capacité à gérer”, ses pulsions et son “attirance envers les adolescents”.

“Il va falloir envisager des soins de manière plus sérieuse”, insiste la présidente du tribunal.

“Un risque de récidive élevé”

Une expertise psychiatrique qui souligne un “risque de récidive élevé en l’absence de prise en charge”.

Me Rémy Garcia, avocat de l’un des adolescents et de sa famille, craint que “l’on découvre finalement d’autres victimes dans cette affaire”.

Dans son réquisitoire la représentante du ministère public a demandé la révocation du sursis, pour sa précédente condamnation, à hauteur de deux ans, et deux autres années de prison ferme face, notamment, “au risque important de réitération des faits”.

Une injonction de soins a également été demandée.

“Il doit vraiment se soigner”

Pour l’avocat du prévenu, Me Alexandre Tournebize, il est clair que “son client est coupable des faits, comme il l’a d’ailleurs toujours reconnu, mais qu’il est avant tout malade et qu’il doit se faire soigner”.

Et le système de soins, comme celui du suivi des détenus en maison d’arrêt ne “pourra pas apporter de réponses”.

Une peine “utile” doit être prononcée pour l’avocat, “qui prend en compte aussi son avenir. Il doit vraiment se soigner”.

Après avoir délibéré, les juges ont condamné le prévenu à quatre ans de prison ferme, ainsi qu’à une interdiction d’approcher des mineurs et une injonction de soins.

 

 

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