Arras | Prison ferme pour l’exhibitionniste coupable d’agression sexuelle sur mineure

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Le pédocriminel est en récidive d’agression sexuelle
Photo d'illustration
Un homme âgé de 45 ans a été jugé et condamné ce vendredi au tribunal d’Arras pour agression et exhibition sexuelles. Un profil particulièrement inquiétant.

« Mais si ces filles y étaient allées, on en serait où ? »

Cette question, posée par le substitut du procureur d’Arras Ghislain Guillaume, était dans toutes les têtes vendredi, en comparution immédiate.

À la barre, Abdenour Mezzai, un Algérien de 45 ans, flanqué d’un interprète. L’homme était jugé pour agression sexuelle, exhibition et port d’arme. L’affaire remonte au 8 août.

Ce jour-là, M. Mezzai traîne dans la rue, ivre, comme c’est souvent le cas. Il écume les parcs publics des quartiers ouest, dans le secteur de la place Verlaine. Et s’approche des enfants rue Balzac et au parc des Bonnettes. Il pousse dans le dos une fille qui fait de la balançoire, lui propose de monter chez lui, tour Voltaire.

Une mère témoigne :

« Il a demandé à ma fille si elle voulait une pièce de 2 € pour acheter des bonbons ».

Mais on ne s’inquiète pas trop dans le quartier. L’individu a l’air d’un gentil ahuri. Un peu la figure de « l’idiot du village », selon son propre avocat.

Les faits deviennent alors plus graves. Trois enfants le voient exhiber son sexe. Il met aussi la main aux fesses d’une fille de 11 ans, ce qu’a enregistré une caméra de vidéoprotection. L’homme est interpellé alors qu’il était près d’être lynché par une dizaine de personnes. Lors de son arrestation, on découvre deux couteaux sur l’intéressé. De quoi faire frémir les fillettes.

Face aux juges, M. Mezzai nie en bloc. L’exhibition ? Il urinait. L’agression sexuelle ? Un complot pour que les parents de la fillette récupèrent de l’argent.

Yann Osseyran, l’avocat des parents de deux fillettes de 6 et 11 ans, déplore :

« Il est dans le déni complet et dans une posture victimaire, c’est la théorie du complot. On est dans la prédation sexuelle à mon sens dans ce dossier ».

Les fillettes restent marquées. L’école est juste en face du domicile du suspect.

On souligne :

« Ce sont des faits graves car ils touchent à l’enfance qu’on doit protéger. Ce qui est inquiétant, c’est ce qui est périphérique, quand il propose à des filles de rentrer chez lui ».

Il demande trente mois de prison, le prévenu est en récidive d’agression sexuelle.

S’il a du mal à contester l’agression sexuelle, l’avocat du suspect estime que son client a certes montré son sexe, mais « sans prise de plaisir, c’est juste un alcoolique qui a uriné ». Un homme qui aurait davantage sa place « en psychiatrie, à Corbaz ».

Jugement : dix-huit mois de prison avec maintien en détention et un suivi sociojudiciaire de trois ans. Il devra indemniser les victimes (1 800 € au total), se soigner et a été inscrit au fichier des délinquants sexuels. Enfin, il a interdiction de contact avec les victimes et les mineurs et ne pourra se rendre dans des lieux fréquentés par des mineurs.

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