Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Saint-Flour | Un haut fonctionnaire jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs

"Je le faisais avec tous les enfants de la famille".

La cour d’assises du Cantal juge depuis lundi 26 avril un homme de 62 ans. Ancien habitant de Saint-Flour, il est accusé de viols et d’agressions sexuelles sur les enfants de son ex-épouse, leurs cousins et une amie de sa belle-fille, alors qu’ils étaient mineurs.

Un ancien haut fonctionnaire de 62 ans comparaît depuis lundi 26 avril devant la cour d’assises du Cantal pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.

Les faits auraient été commis de 2006 à 2017, sur les deux enfants de sa seconde épouse, trois de leurs cousins, et sur une amie de sa belle-fille.

Le seul fait qui a été étudié ce lundi par la cours d’Assises du Cantal est le viol de l’amie de sa belle-fille, l’accusé a toujours nié face à ses accusations.

À la barre, elle raconte une scène de 2011 : elle a 11 ans et, seule avec l’accusé à regarder la télé, elle sent sa main lui caresser la poitrine sous le t-shirt, puis le ventre, et tenter d’aller vers sa culotte.

Ensuite, c’est le trou noir.

Aujourd’hui jeune femme, elle raconte l’errance, la peur de ne pas être crue, celle de le croiser, la culpabilité, la première plainte, six ans plus tard, le premier classement sans suite… avant que les faits au sein de la famille ne soient dénoncés.

Face à ce témoignage, l’accusé déclare :

« Elle est extrêmement sincère, je suis perturbé. Ce n’est pas parce que je n’ai pas de souvenirs que c’est faux ».

Avec ce type de caresses, il explique que :

« Il n’y avait pas d’attirance sexuelle ».

Sur les faits dénoncés par la jeune femme il rajoute :

« C’est possible, je le faisais avec tous les enfants ».

Relancé plusieurs fois au sujet de cette dernière phrase, il l’a finalement modifié :

« Je le faisais avec tous les enfants de la famille ».

Le prévenu est haut fonctionnaire, jusqu’à son incarcération en juin 2018.

Marié une première fois, père de quatre enfants, il divorce en 1999 avant de rencontrer la maman des victimes.

Vite adopté dans sa belle-famille, c’est au cours de cette période, entre son domicile de Saint-Flour, où il rentre le week-end, et ses appartements à travers toute la France au gré des affectations, que se seraient commis les faits.

À chaque fois sont évoquées des caresses qu’il prodigue, sur et sous les vêtements, avec la main, la bouche ou des objets, dans le lit le soir, ou en regardant la télé.

Pour au moins trois d’entre eux, cela évolue vers des pénétrations, avec ou sans objets – brosses à dents, à cheveux, manche de couteau.

Pour son beau-fils et sa belle-fille, les faits sont très réguliers.

Une fois dénoncé, l’affaire se règle d’abord en famille, en avril 2017 : il est sommé de quitter la maison et demande une mutation, qu’il obtient.

Ce n’est qu’en 2018 que l’affaire est portée à la connaissance de la gendarmerie, qui a mené des investigations pour découvrir d’éventuelles autres victimes, en vain.

En garde à vue, il reconnaît une partie des faits, les précise parfois.

Devant les jurés il explique :

« Je n’avais pas conscience que j’étais déviant ».

Le verdict est attendu jeudi 29 avril.