Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Varaville | Attouchements sexuels sur quatre jeunes filles : 3 ans de prison

« Il ne s’était rien passé. C’était pour leur faire croire que j’allais les violer. Pour rigoler ».

Un homme de 52 ans était jugé mardi 20 avril 2021 pour des attouchements sexuels sur quatre mineures de sa famille. Les faits se sont produits à Varaville, Lisieux et Livarot.

Un homme de 52 ans, père de deux enfants, a reconnu avoir pratiqué des attouchements sur sa nièce qui n’avait pas 10 ans. 

Le mardi 20 avril 2021 au tribunal de Lisieux (Calvados), la juge demande :

« Quel âge avait-elle ? »

Le mis en cause ose répondre en soupirant :

« Moi, les dates… »

Puis, il ajoute :

« Il fallait sans arrêt lui dire de ne pas venir m’embêter. »

Concernant les trois autres plaignantes – la petite sœur de la fillette et deux belles-sœurs du prévenu – il reconnaît avoir eu « peut-être » la « main baladeuse » et qu’il avait pu porter la main sur leur corps « sans le faire exprès ».

Tous les jours pendant les vacances

L’affaire commence par une plainte portée par Vanessa, une adolescente en proie à un profond malaise.

Une détresse attestée par les scarifications qu’elle s’est faites à divers endroits du corps et par des idées morbides et suicidaires qui lui vaudront d’être hospitalisée à plusieurs reprises.

Elle s’est vu délivrer une ITT de 18 jours.

La jeune fille dénonce les attouchements que lui a fait subir à de nombreuses reprises son oncle pendant deux étés à Varaville (Calvados).

Son oncle et sa tante s’étaient installés dans un fourgon devant chez elle pour les garder – elle et sa sœur cadette – pendant que leurs parents travaillaient.

C’est dans le fourgon Jumper que l’homme a commencé en 2016 à l’embrasser sur la bouche, caresser ses seins, toucher son sexe et prendre la main de la fillette pour la porter sur son entrejambe.

Les filles avaient moins de 11 ans

Ces révélations ayant fait l’effet d’une bombe dans la famille, deux jeunes sœurs de la femme du quinquagénaire ont alors évoqué à leur tour les attouchements que lui ont fait subir celui qui était leur beau-frère.

Les faits s’étaient déroulés dans la mer au milieu des vagues ou à son domicile à la fin des années 90 pour l’une, et début des années 2000 pour l’autre.

Elles avaient alors à peine plus de 10 ans.

Le mode opératoire était toujours le même.

Selon les circonstances, l’homme essayait de s’allonger sur elles ou glissait sa main sous leur maillot de bain pour tenter une pénétration digitale.

Les deux fillettes ayant manifesté une opposition ferme, il n’était jamais parvenu à ses fins et avait mis rapidement un terme à ses agissements.

L’une des fillettes s’était confiée à sa grande sœur – femme du quinquagénaire – qui avait mis le plus grand soin à ne pas ébruiter l’affaire ; ce qu’elle confirmera aux enquêteurs.

« Leur faire croire que j’allais les violer »

Le quinquagénaire qui ne sait ni lire ni écrire reconnaît l’intégralité des faits qui lui sont reprochés à l’encontre de Vanessa. Il dit qu’il l’adorait et qu’elle était « toujours collée à [lui] ».

Concernant les trois autres plaignantes, il admet avoir eu la main baladeuse et des gestes déplacés.

Des propos aberrant:

«Il ne s’était rien passé. C’était pour leur faire croire que j’allais les violer. Pour rigoler ».

La juge lui demande :

« Ça a fait rire qui ?  Vous avez ri ? »

Le quinquagénaire soupire :

« Même pas »

La procureure a requis « une peine significative » de 4 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire avec obligation de se soigner et l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes. Le tribunal a mis son jugement au délibéré au 11 mai 2021.