La Rochelle | Quatre ans de prison ferme pour un père violent et violeur récidiviste
Patrick se reconvertit dans les espaces verts et plante son avocat au procès
Violeur récidiviste, Patrick ne s'est pas présenté au tribunal de la Rochelle pour répondre de violences et de viol sur son ex-compagne qu'elle qualifie de "monstre".
Patrick ne s’est pas présenté le jeudi 25 mars à l’audience correctionnelle du tribunal judiciaire de La Rochelle alors qu’il est poursuivi pour viol sur son ex-compagne.
« Mon client a préféré privilégier sa réinsertion professionnelle »
expliquait Me Alioune Thiam pour tenter d’argumenter l’absence du quinquagénaire.
Ce qui d’entrée de jeu n’a pas convaincu, Thierry May,
« le prévenu a les pétoches. C’était périlleux pour lui de venir s’expliquer il avait l’appréhension de cette audience. Même s’il disait qu’il était impatient de venir s’expliquer ».
Ceci expliquant peut-être cela. Patrick, qui, aujourd’hui se reconvertit dans les espaces verts, n’est pas un inconnu pour la justice.
Des viols sur sa propre fille et sur sa belle fille
En 2006, la cour d’Assises du Maine-et-Loire l’a condamné à 12 années de réclusion criminelle pour le viol de sa propre fille et de sa belle fille. Une peine assortie à 7 années de suivi sociojudiciaire.
Le quinquagénaire n’avait jamais caché à sa nouvelle compagne, Maria, avoir fait de la prison mais en inventant une toute autre histoire.
« Pour avoir assassiné le chauffard qui avait tué sa femme et ses enfants »
tempête Me Charles Portier au soutien des intérêts de Maria, non présente à l’audience mais qui s’est constituée partie civile.
« Elle ignorait qu’il était sorti de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré », poursuit l’avocat.
Il insiste sur l’imposture à laquelle sa cliente a été confrontée,
Le prévenu lui disait qu’il avait 400 000 euros de côté. Il a fait capoter deux ventes. Idem pour l’achat de deux voitures. En fait il n’avait pas un rond. Il était insolvable.
Me Charles Portier
Mais le 5 et le 14 juillet 2017, tout bascule à La Rochelle, alors que Patrick et Maria se sont rencontrés trois ans en arrière et mariés un an auparavant. Ce 14 juillet le quinquagénaire est agacé. Il ne trouve pas ses chaussettes. Il voit rouge et jette sa colère sur Maria.
Il tente de l’étouffer avec des cousins
Patrick l’enferme dans la chambre. Il tente de l’étouffer avec des cousins, avant de la violer.
Le couple n’entretenait plus de relations intimes depuis trois mois. Désemparée, Maria avale des médicaments pour se suicider.
La parole de la victime se libère alors que cette dernière est admise aux urgences de l’hôpital de La Rochelle. Elle explique avoir été victime de violence et notamment d’un coup de fourchette porté au cou le 5 juillet 2017.
Le divorce a été prononcé aux torts de Patrick en 2018.
Jusqu’au jour de l’audience, le prévenu a toujours contesté les faits. Concernant son sperme retrouvé dans le vagin de son épouse, il a toujours expliqué s’être masturbé et avoir éjaculé sur un morceau de tissu qu’il avait ensuite frotté sur le sexe de Maria.
Aujourd’hui cette dernière s’est réfugiée dans le sud de la France. Alors que Patrick a refait sa vie. Il s’est installé à Étaules après avoir été placé sous contrôle judiciaire à Marsilly.
Informé des conclusions de son contradicteur, Me Charles Portier ne cache pas son soulagement,
« la première bonne surprise, c’est que de l’autre côté de la barre on ne plaidera pas la relaxe ».
Pour l’avocat, sa cliente est, « détruite. Elle a épousé un monstre ». Une somme de 15 000 euros est réclamée au titre du préjudice moral de Maria.
14 ans d’emprisonnement.
Thierry May ne mâche pas ses mots,
« c’est un viol conjugal. Il faut appeler un chat un chat. La victime a accepté que l’affaire soit correctionnalisée ».
De par la récidive, 14 ans d’emprisonnement sont encourus.
« Il a envoyé son avocat au casse-pipe, pour sauver les branches. Mais il faudra que le prévenu assume »
poursuit le procureur de la République avant de réclamer à l’encontre de Patrick, 5 ans de prison ferme, suivi de la même période de suivi sociojudiciaire, ainsi qu’un mandat d’arrêt.
Me Alioune Thiam part de très loin dans ce dossier, dont il a hérité récemment. L’avocat plaide une peine mixte et réfute la demande de mandat d’arrêt. Tout en reconnaissant, » il ne conteste pas les faits. Je lui avais dit qu’il devrait être présent ».
Le tribunal a condamné Patrick à 4 ans de prison ferme suivis de 5 années de suivi sociojudiciaire. Un mandat d’arrêt a été décerné à l’encontre du violeur.