Tours | Sylvain Van de Velde a agressé sexuellement une dizaine d’enfants de sa famille !
Juste cinq années de prison ferme pour le "tonton" pédophile !
Presque une décennie après son interpellation, il est reconnu coupable d’agressions sexuelles, d’exhibitionnisme et de violences aggravées. Les éléments du dossier l’attestent : il aurait pu comparaître pour viols. Il a pourtant bénéficié de laxisme judiciaire...
Indre-et-Loire : cinq ans de prison ferme pour le “tonton” pédophile.
Sept ans après l’avoir quittée, Sylvain Van de Velde a été condamné à un retour en prison, hier.
Entre 1991 et 2012, il a porté atteinte et agressé sexuellement une dizaine d’enfants de sa famille.
Qu’aurait décidé un jury populaire devant tant de douleur et de souffrance ? Quelle peine une cour d’assises aurait-elle prononcé, si elle avait eu à se confronter à la succession d’accusations qui se sont abattues sur le prévenu ?
Hier soir, Sylvain Van de Velde a été condamné par le tribunal correctionnel de Tours à cinq ans de prison, avec mandat de dépôt à l’audience.
Presque une décennie après son interpellation, il est reconnu coupable d’agressions sexuelles, d’exhibitionnisme et de violences aggravées.
Les éléments du dossier l’attestent : il aurait pu comparaître pour viols.
D’octobre 1991 à décembre 2012, le quadragénaire a sévi dans l’intimité familiale, à l’abri des regards d’adultes. Une initiation malsaine à la sexualité imposée pour son plaisir à des nièces, des neveux, ses enfants, âgés de 5 à 12 ans.
Les dégâts causés, derrière les carapaces façonnées par le temps, attendaient des mots. Elles n’auront pas reçu l’expression d’un regret à la barre.
Pourtant, les parties civiles ont tenu à affronter l’audience, hier.
Avec l’espoir « d’un début de guérison » entrevu par Me Bertrand Ritouret, qu’elles auraient puisé à travers des excuses. Elles se contenteront de la reconnaissance de la justice. Un pansement sur des vies cabossées.
« J’étais en pyjama, il a glissé sa main sous mes vêtements, dans ma culotte… », venait de témoigner indirectement Laura, l’une des neufs victimes, par la lecture d’auditions.
On imagine aisément la suite. Et les scènes insoutenables qui en découlent.
Longtemps, le silence imposé à ces enfants a préservé Sylvain Van de Velde du couperet auquel étaient destinés ses jeux interdits. C’était sans compter sur la boîte de Pandore ouverte au commissariat de Tours le 3 décembre 2012.
Deux fillettes dénoncent, par le truchement de leur mère, victime elle aussi, vingt ans plus tôt.
Élodie, la première à avoir subi ses gestes, lâche :
« Je pensais que j’étais la seule, j’ai découvert qu’il l’avait fait à beaucoup d’autres ».
Immersion dans les secrets d’une famille brisée autant que soudée par la litanie des agressions.
« Les choses pas normales qui se sont passées », « les trucs sales imposés », « les comportements étranges » égrainés par Mya, Kimberley, Alyça, Clarisse, Félicien, Laura, Charlène, Mathis et Karine ne disent rien de ce qui a été infligé.
Sans ambages, Delphine Amacher, procureure de la République adjointe, pointe :
« Le prévenu satisfait ses pulsions parce que c’est un pédophile, attiré par les corps de petites filles ».
De ses incursions dans les lits d’enfants, Sylvain Van de Velde n’expliquera pas grand-chose.
Sinon que :
« Mes caresses étaient peut-être déplacées mais pas sexualisés ».
Mal interprétées aussi, mensongères surtout, suggère-t-il.
Les sept ans qui se sont écoulés depuis sa sortie de détention provisoire jusqu’à l’audience, sans accroc, auraient dû jouer en sa faveur, hier.
Les prémices d’une « évolution », selon le mot de son avocat, Me Yves Motto. S’il avait su assumer, l’impression du danger que le parquet continue de voir en lui se serait peut-être dissipée. La petite musique en fin d’audience ne martelait qu’un refrain :
« Ce sont des agressions sexuelles, pas de l’amour. »