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La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Rouen | Un grand-père condamné à trois ans de prison avec sursis pour avoir agressé ses quatre petites-filles

photo d'une peluche tenue tristement par un enfant seul sur un banc

Un grand-père condamné pour avoir agressé ses quatre petites-filles près de Rouen

 

Un grand-père de 72 ans a été condamné près de Rouen pour avoir agressé ses quatre petites filles. (photo d’illustration : Pixabay) 

Tribunal. Léon M., 72 printemps, avait l’habitude de glisser des billets dans le soutien-gorge de ses quatre petites-filles, voire de les caresser.

Il a la trogne d’un noble vieillard, avec sa barbe blanche, ses cheveux qui accusent une belle tonsure et sa veste Sahara à la Saint-Exupéry.

Reste qu’il a été condamné à trois ans de prison intégralement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pour avoir commis des agressions sexuelles pendant des années sur ses quatre petites-filles au Grand-Quevilly, alors qu’elles n’avaient qu’entre 10 et 18 ans.

« C’est après une réunion de famille que ces quatre filles se sont aperçues que chacune avait subi à peu près les mêmes faits, détaille la présidente Albane Guillard. Elles ont décidé de déposer plainte ».

Les faits ? Leur papy les emmenait loin du regard de la grand-mère, souvent au sous-sol pour bricoler, et il tirait le tee-shirt pour y glisser des billets mais aussi pour regarder et peloter. Pour certaines, c’est allé plus loin, avec des caresses intimes.

« Comment un grand-père peut-il infliger ça à ses petites-filles, comment peux-tu te regarder dans une glace. Cet homme va me hanter toute ma vie. Comment pourrais-je imaginer confier mes futurs enfants à ses grands-parents ? Comment vais-je m’en sortir ? »,

témoigne l’une des victimes, aujourd’hui âgée de 23 ans.

« Cet homme leur a volé une part de leur enfance »,

constate la substitut du procureur Stéphanie Rabat.

« Papy s’est transformé en bourreau »

Aux crises d’angoisse, à la dépression, aux échecs scolaires, aux difficultés relationnelles postérieures pour les quatre adolescentes se rajoutent les difficultés familiales. Des parents qui se séparent, une ambiance lourde, une famille « chamboulée », comme l’explique l’avocate des parties civiles. Et ce n’est pas la posture du prévenu qui va aider ces femmes à faire le deuil de cette affaire.

« Si elles disent que je l’ai fait autant de fois, c’est sans doute vrai, explique-t-il. Mais il n’y avait rien de sexuel là-dedans. Je regrette ce que j’ai fait. Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait mais je n’éprouve pas d’attirance pour elles ».

« Soyez un peu sérieux : les mains dans la culotte, des filles à demi nues, et il n’y a rien de sexuel ? »,

explose l’avocate.

« Papy s’est transformé en bourreau »,

rajoute le ministère public.

« Un bourreau, un prédateur ?, proteste l’avocat de la défense. Les mots sont un peu forts. L’enquête a été rapide : il n’a été entendu par les services de police qu’une seule fois sous le régime de l’audition libre. Depuis cette affaire il a entamé une réelle démarche de soins, a fait une tentative de suicide. Il n’a déjà plus d’amis, plus de famille : il a déjà un peu payé. »

Pas assez, semble-t-il au gré du tribunal qui alourdit la peine requise par le ministère public envers ce primo-délinquant. La justice le condamne à trois ans de prison intégralement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve, pour qu’il subisse des soins. Il lui est par ailleurs interdit d’exercer la moindre activité en lien avec des mineurs. Il devra en outre verser 2 500 € à chacune de ses petites-filles.

Source : paris-normandie