Saint-Pierre en Auge | Un homme est condamné pour agressions sexuelles sur mineure
Seulement trois ans de prison pour ce pédocriminel
Un homme de 31 ans, qui avait imposé des relations sexuelles à une jeune fille de 16 ans, a été condamné par le tribunal de Lisieux (Calvados), mardi 13 octobre 2026. La victime présentait un état de sidération, tandis que lui se défendait de ne pas avoir vu de signes de son non-consentement.
L’enquête a démontré que le prévenu entretenait de tels échanges de messages avec plusieurs mineures.
“Si tu m’avais aimé, tu n’aurais pas fait un truc qui montrait le contraire. “
L’affaire d’agressions sexuelles jugée ce mardi 13 octobre 2026 par le tribunal de Lisieux (Calvados) repose principalement sur les échanges, notamment via la messagerie du réseau social Tik Tok.
La victime dans un état de sidération
D’un côté, un homme de 31 ans qui travaille dans le secteur agricole, à Saint-Pierre en Auge.
Dans le cadre d’une formation, il rencontre une jeune fille de 16 ans, qui vient de rompre avec son petit copain.
Il devient pressant, lui fait des avances et adresse un nombre important de messages.
Un jour, alors qu’elle est souffrante, il lui propose de se reposer dans son lit.
Il la rejoint alors et lui impose un rapport : elle affirme qu’il n’était pas consenti.
Cinq autres relations sexuelles suivront.
Je finissais par céder, après avoir dit non.
Je n’ai pas aimé, je me dégoûtais.
Je n’arrivais plus à bouger, explique la jeune femme, décrivant un état de sidération.
Elle dépose plainte pour viol en juin 2024.
« On a tous les ingrédients de l’emprise »
L’enquête a permis de révéler que le prévenu échangeait le même type de messages avec d’autres jeunes filles.
L’une d’elles aurait également été victime de faits physiques à caractère sexuel.
À la barre, s’il reconnaît avoir pu être insistant, le trentenaire affirme que le rapport avec la victime dont il est question ce jour était consenti.
Il présente des échanges écrits qui vont dans son sens.
À la barre, il assure s’être laissé emporter par ses sentiments.
Elle souriait, je prenais ça pour un consentement.
Je n’ai pas vu de rejet de sa part, assure-t-il.
Face à ces affirmations, l’avocate de la partie civile hausse le ton :
Pour lui, nous serions en plein dans une erreur judiciaire, alors qu’on a tous les ingrédients de l’emprise. La différence d’âge suffit également pour caractériser la contrainte. Ma cliente n’avait pas conscientisé les choses. Il lui impose un monde qu’elle n’aurait pas dû rencontrer. Rien ne réparera sa douleur ! Elle avait fini par croire qu’elle était responsable. Il est difficile d’entendre qu’elle aurait dû dire non !
La neurodivergence comme défense
La procureure rebondit dans ce sens :
Ce n’est pas uniquement moralement répréhensible ! Ça l’est également pénalement. C’est devant la cour d’assises qu’il aurait dû comparaître !
Pour elle, tout est réuni : attouchements, absence de consentement et conscience de l’interdit.
Les descriptions sont très circonstanciées.
Il n’y a pas de remise en question.
La représentante du ministère public requiert quatre ans de prison, dont deux assortis d’un sursis probatoire.
L’avocate de la défense rappelle quant à elle que la jeune femme qui se présente comme une victime n’était pas une enfant, mais une adolescente.
Les conversations sur Tik Tok parlent d’elles-mêmes.
Elle a tergiversé, raconté des épisodes qui n’existent pas.
Pour plaider en faveur de son client, elle précise qu’il est neurodivergent.
Il a des difficultés, un défaut d’adaptation.
Mais ce n’est pas un prédateur.
Le prévenu qui comparaissait pour agressions sexuelles sur mineure a été condamné à trois ans de prison, dont deux assortis d’un sursis probatoire de deux ans.
La partie ferme sera exécutée sous bracelet de surveillance électronique.
Il lui est interdit toute activité en lien avec des mineurs et est inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Il devra verser 1 500 € de préjudice moral à sa victime et 800 € de frais d’avocat.