Nantes | Un magnétiseur du pays de Retz a écopé de six mois avec sursis
Tonton cool, selon sa famille
Un magnétiseur du pays de Retz, qui souffre d’une « addiction aux films pornographiques », a été condamné le mardi 29 septembre 2026 par le tribunal correctionnel de Nantes pour « détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique », relate Presspepper.
L’homme avait déjà avoué s’être rendu coupable d’une « agression sexuelle » qu’il avait commise à l’été 2025 sur un adolescent. Il avait été condamné pour ses faits à six mois de prison avec sursis et son nom avait été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
Sa compagne avait dans ce contexte découvert « seize vidéos » problématiques sur son matériel informatique : elles mettaient en scène « cinq enfants », parmi lesquelles figuraient trois nièces de 9, 12 et 13 ans et deux inconnues d’une « dizaine d’années ».
Des « montages » avaient été faits « sur des corps d’adultes » et il « se masturbait » dessus, a-t-il été expliqué.
« Vous êtes magnétiseur, vous donnez des consultations libérales… Ce que vous ressentez pour les enfants, est-ce que ça doit être un motif d’inquiétude pour nous ? », lui a donc demandé le procureur de la République.
Un « tonton cool » qui était « gentil » avec ses nièces
En tout état de cause, jusqu’alors, ses nièces n’avaient « aucune crainte » avec cet « oncle respectable et respecté », selon les mots de l’administrateur ad hoc chargé de défendre leurs intérêts.
« Aucun geste déplacé » n’a été signalé par ce « tonton cool » et « gentil » avec elles… mais la révélation des faits les a mises « dans une situation de tension intense » : les trois fillettes trouvent cela « dégoûtant ».
« Avec ces faits pour le moins troublants, il a fait imploser la vie de famille », a résumé l’administrateur ad hoc mandaté par le Département.
Les nièces souhaitent néanmoins à présent que « la famille se réunifie » et qu’il n’y ait pas d’interruption « durable » des relations intrafamiliales.
« Elles veulent qu’il soit réintégré dans la famille », a-t-il répété en d’autres termes. Aucune « addiction » autre qu’aux « films pornographiques » ne lui a par ailleurs été trouvée.Sur le plan personnel, ce père de famille dit avoir eu une « enfance heureuse ».
Seule la récente révélation, par sa mère, d’une possible « agression sexuelle » par son grand-père paternel, l’a récemment troublé. « Les interdits sociaux sont connus », a-t-il été relevé lors de son enquête de personnalité, et il n’y a « pas d’autres procédures en cours ».
« On peut voir les dégâts du secret, qui consiste à enfouir, fermer la porte et essayer d’avancer comme ça… mais ça ne marche jamais, en fait, les secrets de famille », a réagi Me Emmanuel Geffroy, l’avocat des nièces de cet « oncle adoré de toute la famille ».
« Le reste de la famille, hormis les parents, a tendance à banaliser la situation : par exemple, le frère de monsieur dit que »jusqu’à preuve du contraire, [le prévenu, N.D.L.R.] n’a agressé personne » et que les faits se sont juste passés »entre lui et son ordinateur et son portable ». »
Un magnétiseur qui est avant tout « un manipulateur » pour le procureur
L’avocat des parties civiles s’est même « inquiété » que le magnétiseur ait fait part de la « manifestation physique » qu’il a « ressentie » à la vue de sa nièce de 12 ans : il y a de quoi avoir « un doute » sur son « attirance sexuelle » pour les enfants.
Le procureur de la République s’était pour sa part dit « inquiet » d’un possible « risque de réitération » avec ce « manipulateur ». « Je suis perplexe par rapport à la pratique qui est la sienne », a confié le représentant du ministère public à propos de son activité de magnétiseur.
Une interdiction de contacts avec les victimes, une interdiction de paraître à leur domicile et une interdiction d’exercer toute activité en lien avec les mineurs avaient aussi été réclamées.
« Une véritable déflagration »
« Aucune diffusion » de ces images n’a toutefois été faite par le prévenu, avait positivé l’avocat de la défense. « Il n’y a aucun élément pour dire qu’il aurait une attitude de prédateur. »
La garde-à-vue et l’enquête judiciaire qui a suivi ont en tout état de cause été « une véritable déflagration » pour son client.
Le prévenu a finalement été condamné à six mois de prison avec sursis simple et à une interdiction d’exercer toute activité en lien avec les mineurs pendant dix ans. Son nom a de nouveau été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles, et son ordinateur portable lui a été confisqué.
Sur le plan civil, il devra verser 500 € à chacune de ses trois nièces pour leur « préjudice moral » et 1 000 € supplémentaires pour les frais de justice de leur administrateur ad hoc.