M. avait en réalité été dénoncé à la police par sa propre psychologue : ce jeune de 22 ans – qui se définit lui-même comme fétichiste – lui avait confié être passé à l’acte “au moins six fois“. Il se faisait en fait passer pour un “Youtubeur” et accostait ainsi les enfants dans la rue : sous prétexte de “défis” et en filmant avec son téléphone, il leur demandait de lui donner leurs chaussures pour qu’il puisse les “lécher”.
Il leur demandait aussi de lui “cracher” dessus ou “d’uriner” dans sa bouche.
Cela déclenchait chez lui “une excitation sexuelle liée à la “soumission“, avait-il expliqué à sa thérapeute. A ses proches, il s’était aussi confié sur ses “problèmes”, mais sans les expliciter. M. a ainsi abordé “une dizaine de groupes” d’enfants de cette manière, mais il avait aussi proposé ces “défis” au fils d’une collègue avec qui “il s’entendait bien“.
C’est pour les faits sur cette seule victime qu’il comparaissait, ce mardi 6 octobre 2026, pour “corruption de mineur de 15 ans” devant le tribunal correctionnel de Rennes.
“Au début je n’arrivais pas à poser des mots dessus mais c’était là“,
a expliqué à la barre cet ancien agent de la ville de Rennes en charge de l’entretien des écoles maternelles et primaires.
Dès l’âge de “10 ans”, il s’était donc mis à “collectionner” ses propres chaussures d’enfant, puis ce “délire” a “empiré avec les années”… Pas moins de “300 chaussures” ont effectivement été retrouvées lors de la perquisition de son domicile, aux côtés de “divers vêtements d’enfants” et de “couches” qu’il continuait de porter.
M. reconnaît au bout du compte être victime d’une addiction mais a assuré qu’il n’avait aucune attirance sexuelle pour les enfants. Le “risque” qu’il soit “tenté de déborder sur une agression sexuelle directe” n’est “pas extrêmement probable“, avait jugé le psychiatre qui l’avait rencontré… mais “pas à négliger” non plus.
“Il va falloir s’assurer qu’il ne fasse pas d’autres victimes“, s’était donc inquiété le procureur de la République face à ces fragilités.
Le magistrat avait ainsi requis un suivi socio-judiciaire de cinq ans avec une injonction de soins, et l’interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs “à titre définitif”. Cela allait de fait empêcher le jeune homme de travailler comme vendeur, ce qui était pourtant désormais son projet professionnel.
“On n’a pas affaire à un nouveau Guy Georges“, avait tenté pour sa part de relativiser l’avocat de la défense, en référence au célèbre tueur et violeur en série condamné en 2001 à la réclusion criminelle à perpétuité.
Son client a au contraire “mis tous les freins” pour “combattre” cette “paraphilie”, il est vrai “atypique”, avait positivé Me Arnaud Le Bourdais : un “sursis probatoire” lui paraissait donc approprié.
M. a finalement écopé d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans avec l’obligation de se soigner, de travailler, d’indemniser la partie civile et l’interdiction de contacter le fils de son ancienne collègue. S’il ne s’y plie pas, il encourra un an de prison. Il lui est définitivement interdit d’exercer une activité en contact avec des mineurs et il est désormais inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).
Sur le plan civil, il devra verser 3.000 € de dommages et intérêts à la famille de sa victime et 1.200 € supplémentaires au titre de leurs frais de justice. Le jugement a été frappé de l’exécution provisoire : il s’applique donc dès à présent, même en cas d’appel.