Ligugé | Encore un violeur d'enfant sous bracelet électronique
Le premier dossier de cette session d’octobre 2026 de la cour criminelle départementale de la Vienne s’est achevé ce mardi. Un homme était jugé pour des abus sexuels sur ses jeunes demi-frères entre 2017 et 2018.
Le dossier a été qualifié de « pauvre », manquant d’investigations, par Me Julie Mery en défense devant la cour criminelle départementale de la Vienne ce mardi 6 octobre 2026. L’instruction aurait dû se clôturer en fin de journée la veille, avant un dernier mot à l’accusé mardi matin.
Mais il aura finalement fallu prendre le temps d’aller chercher les parents des victimes, avec un mandat d’amener.
Une absence qui illustre « un sentiment de vide », notamment dans « la protection parentale », a résumé dans son réquisitoire l’avocate générale, Carole Wojtas, fustigeant une famille qui avait mieux à faire que de venir parler des abus sexuels commis entre 2017 et 2018 dans cette famille à Ligugé.
Il avait mimé les faits lors des auditions
Âgé de 36 ans aujourd’hui, l’accusé était jugé pour de multiples faits de viols et d’attouchements sur ses deux demi-frères. C’est grâce aux dénonciations du plus jeune des deux, 7 ans au moment des faits, que les abus vont cesser.
Ni lui ni son frère, adolescent souffrant de handicap, n’étaient présents au procès. Son audition a cependant été diffusée dans la salle du tribunal lundi.
« Il n’a pas eu les mots et a mimé les gestes accompagnés de bruits : des râles de plaisir imités par cet enfant qui me glacent encore »
, a décrit l’avocate générale, requérant 10 ans de réclusion criminelle et 20 ans de suivi socio-judiciaire.
Dans sa plaidoirie, Me Mery a rappelé la déficience intellectuelle de son client qui a connu une « éducation carencée » et des violences, y compris sexuelles. Elle a invité les juges à se questionner sur son discernement au moment des faits, qui n’a pas été remis en question par les experts.
Dix ans de suivi socio-judiciaire
À la mi-journée mardi, les cinq juges ont rendu leur verdict et ont condamné l’accusé à une peine de cinq ans de prison dont trois assortis du sursis simple. La partie ferme de deux ans est aménagée sous surveillance à domicile tandis qu’un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins a été prononcé pour dix ans.
La cour a expliqué avoir considéré qu’au regard des « difficultés personnelles » de l’accusé et de ses « déficiences », il était plus important de le maintenir dans un cadre de soins (engagés pendant son long contrôle judiciaire de six ans) que de l’incarcérer.
Les juges ont assorti leur verdict d’une interdiction d’exercer une activité qui implique un contact habituel avec les mineurs pendant dix ans.