France | Deux hommes arrêtés pour avoir diffusé des photos et vidéos intimes
17000 photos et videos intimes de femmes dont des mineurs ont été diffusées
Les trois sites administrés par ces deux frères âgés de 21 et 25 ans depuis le nord de la France ont été fermés, a annoncé le parquet de Paris le 7 octobre.
Le parquet de Paris a annoncé mercredi 7 octobre la fermeture de trois sites web associés à la plateforme NudeLeaksTeens («fuites de photos intimes d’adolescentes» en bon français), et l’interpellation, la veille, de deux frères de 21 et 25 ans, soupçonnés d’en être «les administrateurs présumés».
Les trois sites fermés affichent désormais une page noire, barrée d’un avertissement en anglais et des logos des services judiciaires et d’enquête, dont le FBI américain et l’Unité nationale cyber de la gendarmerie nationale.
Grooming, piratage et revenge porn
Ces résultats sont le fruit «d’une coopération conjointe» entre la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris et l’Unité nationale cyber de la gendarmerie nationale d’un côté, et des enquêteurs américains de l’autre.
Selon le communiqué signé par Laure Beccuau, l’enquête a établi que la plateforme proposait à ses clients d’acheter des «packs» obtenus grâce à du piratage informatique, du «grooming» (un acte de prédation où une victime mineure livre des contenus intimes à un adulte après que celui-ci l’a mise en confiance) ou encore du «revenge porn» (la diffusion non consentie d’images intimes par vengeance).
Pour fidéliser les utilisateurs, la plateforme les incitait à «fournir des informations d’identification de chaque victime», chacune identifiée par leur nom, leur âge, leur lieu de résidence, leur profession ou leur niveau de «beauté».
Le département américain de la Justice a précisé de son côté, dans un autre communiqué, que la plateforme mettait en vente différents «albums» ou «collections».
Leur contenu pouvait varier mais «comportait souvent des informations personnelles permettant d’identifier les victimes, des images de victimes plus ou moins dénudées, ainsi que des images d’actes sexuels», précise-t-il.
Certaines victimes ont été identifiées et les enquêteurs ont pu confirmer qu’elles étaient mineures au moment de la prise de vue.
700 000 euros saisis en actifs numériques
Selon la justice américaine, le site vantait également une collection d’images censée receler «6 200 images intimes privées d’adultes et adolescents, principalement Américains, venant de comptes Snapchat, Instagram, TikTok et Facebook piratés».
Certaines à caractère pornographique et pédopornographique.
Outre la fermeture des trois sites, une enquête préliminaire a été ouverte notamment pour «atteinte à l’intimité de la vie privée […] à caractère sexuel», «détention» et «diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique».
Les enquêteurs sont également saisis des chefs de «fourniture d’une plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite en bande organisée» et «blanchiment en bande organisée de crime ou délit».
L’activité était semble-t-il particulièrement rémunératrice.
Au cours de leurs recherches, les enquêteurs français ont pu saisir un certain nombre d’actifs numériques − «Bitcoin, Litecoin, USDT et Ethereum», liste le parquet − pour un montant total de plus de 700 000 euros.