Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

La Ferté-Bernard | Il viole sa belle fille de 7 ans et prend 12 ans de prison

Il lui montrait très régulièrement des films pornographiques : "viens, on fait pareil"

Un homme a été jugé par la cour criminelle de la Sarthe du 1er au 2 octobre 2026, principalement pour avoir violé sa belle-fille de 7 ans à La Ferté-Bernard, en 2024.

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2024, à La Ferté-Bernard, une jeune fille se trouve avec sa cousine, plus jeune et âgée de 7 ans, dans la chambre qu’elles partagent. Les deux s’apprêtent à s’endormir lorsque la fille de 7 ans va boire un verre d’eau à la cuisine.

Après de très longues minutes, sa cousine ne la voit pas revenir dans la chambre. Intriguée, elle se rend dans la cuisine, personne.

Elle cherche alors la fillette dans le logement, en vain, avant de se retrouver devant la chambre parentale, où elle décide d’entrer.

Là, elle surprend leur beau-père, tout nu, dans une position qui ne laisse aucune place au doute avec sa cousine de 7 ans, vêtue uniquement de son tee-shirt, avec son plus jeune cousin qui dort dans la chambre !

L’homme, qu’elle vient de surprendre est le mari de sa tante, autrement dit, la mère de sa cousine de 7 ans et son petit frère, qui dormait à côté.

Prévenue à son retour d’un mariage, la mère de famille alerte les gendarmes, qui procèdent à l’interpellation du beau-père.

« Mon papa me baise » : deux signalements en six mois pour le beau-père

Lorsque les gendarmes interrogent la fillette de 7 ans, elle raconte que, le soir des faits, son beau-père, qu’elle appelle « papa », l’a violée.

Elle explique qu’il a procédé à des pénétrations digitales après avoir utilisé de

« L’huile pour les frites pour que ça ne fasse pas mal ».

Une bouteille d’huile de friture sera effectivement retrouvée dans la chambre du beau-père, avec son ADN et celui de la fille de 7 ans, tout comme on retrouvera son ADN à l’intérieur du tee-shirt que la fillette avait sur elle.

Le témoignage de l’enfant continue. Elle explique que son beau-père lui montrait très régulièrement des films à caractère pornographique sur son téléphone avant de lui dire :

« Viens, on fait pareil »,

Et de la violer.

« Je n’ai pas osé le dire car j’avais peur d’être grondé »

, explique l’enfant qui, dans son témoignage, rapporte des phrases de son beau-père telles que :

« Secoue-moi la b*** »…

Des viols qui ont duré du 1er janvier au 6 juillet 2024.

Une enfant qui avait pourtant abordé le sujet à la cantine avec d’autres enfants en disant : « Mon papa me baise », en mars 2024, ce qui avait entraîné un signalement. En juin 2024, l’école fera encore un autre signalement.

« J’ai fait une boulette »

S’il nie au départ lors de sa garde à vue, le beau-père, âgé de 51 ans au moment des faits, finit par reconnaître des pénétrations digitales, notamment le soir où il a été surpris.

Il reconnaît avoir utilisé de l’huile de friture avant d’ajouter, comme l’a dit la fillette :

« Pour qu’elle n’ait pas mal » ; « J’ai fait une boulette »

, ajoute-t-il en garde à vue.

Toutefois, durant l’instruction, il reviendra sur ses aveux et dira qu’il n’a absolument rien fait.

« Je ne vois pas ce que je fais là »

Devant la cour criminelle, l’accusé, un homme bedonnant, de taille moyenne, aux cheveux grisonnants, vêtu d’un pull gris et d’un pantalon noir, a contesté les faits qui lui sont reprochés.

« Je ne vois pas ce que je fais là »

, déclare l’homme à la barbe blanche de plusieurs jours. Avant d’ajouter :

« Je n’ai commis volontairement aucun acte sexuel. »

Lorsqu’on lui rappelle ses aveux en garde à vue, il dit qu’il a été influencé.

Lorsqu’on lui rappelle qu’on a retrouvé la bouteille d’huile de friture dans sa chambre, avec son ADN et celui de la victime, il balance :

« Ce n’est pas une preuve. »

« C’est une vicieuse », livre-t-il, derrière ses lunettes épaisses, en parlant de la victime, qu’il décrit comme « une vipère ».

« Vous ne savez pas de quoi elle est capable (…) elle n’a pas peur des hommes »

, ajoute le prévenu.

12 ans de réclusion criminelle

À la suite de Me Virginie Bardet, l’avocate des parties civiles, qui a souligné le traumatisme de la victime, âgée aujourd’hui de 9 ans, l’avocate générale a requis principalement 12 ans de réclusion criminelle, 6 ans de suivi socio-judiciaire et une inscription au FIJAIS.

Quant à Me Yacine Guiddir, avocat de la défense, il a plaidé l’acquittement pour son client.

Reconnu coupable, l’accusé a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Il dispose de dix jours pour faire appel.