Caen | 2 ans ferme pour corruption de mineur, chantage à caractère sexuel, menace de crime
Déjà banni de Snapchat pour des conversations similaires
Sylvère, 26 ans, était jugé ce lundi 6 juillet 2026 par le tribunal judiciaire de Caen pour la détention de photos nues d’une mineure de 12 ans, pour des propositions sexuelles, du chantage à caractère sexuel, de la corruption de mineur et une menace de crime envers cette dernière.
Ayant fêté ses 26 ans ce dimanche 5 juillet, Sylvère*, habitant le Nord, entre en contact avec une collégienne de 6e de l’agglomération de Caen sur le réseau social WhatsApp en avril 2026.
Rapidement, ses échanges dévient sur un caractère sexuel où il lui demande de lui envoyer des photos d’elle nue. Ce que la préadolescente de 12 ans fera.
Sylvère en demande plus et face au refus de la collégienne, il la menace de diffuser les photos qu’il a en sa possession à ses parents et au collège, avant de la menacer de viol sur son cadavre.
Le père de l’adolescente découvre par hasard des messages sur le téléphone de sa fille et ses parents portent alors plainte le 22 avril. Sylvère sera interpellé dans la foulée.
« Mes mots étaient encore plus violents que ce que j’imaginais »
A l’audience de renvoi de sa comparution immédiate, ce lundi 6 juillet, le prévenu de 26 ans reconnaît les faits.
Cela ne pourra pas apaiser les parents, mais mes mots étaient encore plus violents que ce que j’imaginais. Je ne contrôle plus rien depuis des années, je suis perdu, je me suis isolé. J’ai été contaminé tout petit, je suis le mal incarné, il n’y a plus aucun espoir pour moi. Je suis affreusement désolé, declare le prévenu, à l’audience
Selon lui, il ne serait jamais passé à l’acte, ce n’était que du virtuel. Il explique ses agissements par sa solitude et son agoraphobie.
« Derrière un écran, je ne vois pas le mal. Je me dégoûte moi-même, j’ai ce mal en moi. Je suis attiré par ce qui est malsain », ajoute le prévenu.
Déjà banni de Snapchat pour des conversations similaires
Sylvère reconnaît agir ainsi depuis cinq ans sur les réseaux sociaux. Il a d’ailleurs été banni de Snapchat pour des conversations similaires.
D’autres photos ont été retrouvées dans son téléphone. L’expertise psychiatrique du prévenu révèle « une pulsion sexuelle sur fond de pédomanie, avec un risque de réitération élevée des faits et un trouble psychique ayant altéré son discernement ».
Le prévenu indique être content d’avoir été interpellé :
« j’avais besoin qu’on me sorte de ça, j’ai besoin de soins. J’espère ne pas lui avoir laissé de traumatismes, même si ça a dû l’effrayer. Je souhaite juste qu’elle aille bien ».
« C’est le cauchemar de tous les parents »
Pour l’avocate de la partie civile, cet homme de 26 ans « est le cauchemar de tous les parents, c’est le loup dans la bergerie. Il a une mémoire extrêmement sélective, je ne crois pas en sa sincérité. Il ne parle que de lui, il faut attendre 1h45 de débat pour qu’il parle de la victime. Les conséquences, ce sont dans sa vraie vie à elle. C’est une jeune fille mutique, fragile et vulnérable. Elle a été traumatisée par ces messages. Elle est choquée ».
Elle demande une expertise pour mesurer les dommages sur sa cliente.
« Quelles répercussions sur sa sexualité ? Ses rapports avec les hommes ?, » s’interroge-t-elle.
Il y a de mauvaises personnes dans notre société et ça n’a rien de virtuel. Oui, il ne l’a pas violée, mais il l’a traumatisée en lui faisant du chantage sexuel et de la corruption de mineur. Le mal est déjà fait, le préjudice est énorme. Sa dangerosité est évidente et inquiétante, affirme Pierre Vrinat, procureur de la République
Il requiert une peine de 18 mois de prison ferme pour ce prévenu au casier judiciaire vierge.
L’avocat de la défense précise que son rôle « n’est pas simple aujourd’hui. Mon rôle, c’est de s’extraire de la dimension morale du dossier et de décorréler le sentiment du droit ».
Il demande la relaxe de son client pour la détention des images pédocriminelles, la corruption de mineur et la menace de crime car il n’y a « pas d’éléments matériels » dans le dossier sur ces infractions même si elles sont reconnues.
« C’est un gamin dans sa tête encore, qui a été victime de violences physiques et sexuelles dans son enfance et qui est passé par les hôpitaux psychiatriques ».
Il demande un quantum de détention plus faible.
« Vous n’êtes pas face à un homme qui se fiche de ce qu’il a fait mais qui souffre de ce qu’il a fait ».
Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet en condamnant Sylvère à deux ans de prison ferme, avec maintien en détention, ainsi qu’une interdiction de contact avec la victime et de paraître dans le Calvados, et une obligation de soins.
Une provision de 4 000 euros a été accordée à la victime en attendant son expertise, ainsi que 2 000 euros de dommages et intérêts pour chacun des parents.
*prénom d’emprunt