Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Flers | Un récidiviste condamné pour exhibition sexuelle devant des fillettes

Déjà été condamné en 2001 pour des faits similaires

Un habitant de Saint-Pierre-du-Regard (Orne) a été jugé par le tribunal judiciaire d’Argentan pour s’être masturbé devant des fillettes à Flers. Ce n'était pas la première fois.

À 74 ans, ce retraité de Saint-Pierre-du-Regard, père de deux enfants et grand-père de quatre petits-enfants, comparaissait ce mardi 15 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire d’Argentan pour des faits d’exhibitions sexuelles devant des mineures ainsi que pour détention d’images à caractère pédocriminel.

L’homme avait déjà été condamné en 2001 pour des faits similaires.

« Je reconnais les faits et je n’ai pas d’excuse à invoquer »

Une affaire qui résonne d’autant plus lourdement que l’homme avait déjà été condamné en 2001 pour des faits similaires. À l’époque, il avait été poursuivi pour exhibition sexuelle dans un parc fréquenté par de jeunes enfants.

Cette fois, les faits commencent le 23 mars 2023 dans une grande surface de Flers. Un agent de sécurité remarque le comportement pour le moins inquiétant d’un client âgé.

L’homme s’approche de jeunes filles, parfois âgées d’une dizaine d’années seulement, se place à proximité immédiate d’elles et se masturbe par-dessus son pantalon en les regardant.

Intrigué et inquiet, l’agent décide de le suivre lorsqu’il quitte le magasin. Il relève son immatriculation et transmet les informations aux gendarmes.

L’exploitation de la vidéosurveillance permettra de mettre en évidence trois scènes distinctes.

Des centaines de fichiers d’enfants nus

Lors de son interpellation, les enquêteurs saisissent son téléphone portable et son ordinateur. Leur exploitation va révéler des images pornographiques d’adultes, mais également des centaines de fichiers mettant en scène des enfants nus.

Les enquêteurs découvrent notamment des photographies et des vidéos d’enfants ainsi que des montages consistant à placer des visages d’enfants sur des corps nus d’adultes.

Au total, la procédure fait état de 237 montages photographiques et de 1 260 photographies.

À la barre, le prévenu, cheveux grisonnants et petite moustache, semble particulièrement gêné. Il ne cherche pourtant pas à nier.

« Je reconnais les faits et je n’ai pas d’excuse à invoquer ».

Il finit également par reconnaître souffrir de pédomanie.

Concernant les faits commis dans le magasin, il reconnaît que son geste était bien « masturbatoire ».

Il admet également avoir pris un certain plaisir à « chasser » les jeunes filles, allant jusqu’à qualifier cette recherche d’attention de comportement « ludique ».

« Je recherchais l’attention de ces enfants », reconnaît-il.

« Y en a-t-il eu d’autres ? »

La présidente cherche à savoir si les trois scènes relevées par les enquêteurs correspondent à l’ensemble de ses agissements.

« Nous avons aujourd’hui trois faits, mais y en a-t-il eu d’autres ? »

Non. J’ai tout arrêté lorsque je me suis rendu compte que j’avais été suivi par cet agent de sécurité, affirme le prévenu

Concernant les montages photographiques représentant des visages d’enfants apposés sur des corps nus, il tente de présenter cette pratique comme un passe-temps.

« Je cherchais à m’occuper », dit-il

Il évoque même une sorte de « puzzle ». Une explication qui peine à convaincre.

« Je sacralise mes petits-enfants »

L’expertise psychiatrique ordonnée dans le cadre de la procédure met en évidence des troubles de la sexualité de type paraphilie. Une injonction de soins est préconisée.

Le prévenu se montre toutefois critique à l’égard de cette expertise.

« Avec tout le respect que je lui dois, cet homme a réussi à voir tout ça en un quart d’heure d’entretien », ironise-t-il.

La présidente s’intéresse alors à sa relation avec ses quatre petits-enfants.

« Est-ce que vous voyez vos petits-enfants ? »

« Oui, bien sûr. Il m’arrive même de les garder ».

La question suivante est plus délicate :

« Comment arrivez-vous à mettre une barrière entre ces petits enfants et vos propres petits-enfants ? »

Le prévenu répond :

« Je sacralise mes petits-enfants ».

Pour le procureur de la République, le dossier soulève une question essentielle : celle de la récidive et de la dangerosité potentielle du prévenu.

On est maintenant en danger lorsque l’on accompagne ses parents dans les magasins. Jusqu’où cet homme serait-il allé s’il n’avait pas été interpellé par les gendarmes et vu par cet agent de sécurité ? déclare le procureur de la République

Le procureur rappelle surtout la condamnation de 2001 pour des faits d’exhibition sexuelle commis dans un parc devant de jeunes enfants.

« Je n’ai pas confiance en cet homme », affirme-t-il.

En répression, il a requis notamment un suivi sociojudiciaire pendant cinq ans assorti d’une injonction de soins et d’une interdiction de tout contact avec des mineurs, y compris ses propres petits-enfants, avec une exécution provisoire ou une peine de deux ans d’emprisonnement encourue en cas de non-respect des obligations.

« À mon âge, c’est une mise à mort »

Il demande également l’interdiction d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs pendant cinq ans ainsi qu’une peine d’inéligibilité de même durée.

Le prévenu mesure maintenant la sévérité des mesures qui l’attendent.

« C’est très sévère. À mon âge, c’est une mise à mort », lâche-t-il.

Il a finalement été condamné à un suivi sociojudiciaire pendant cinq ans assortit d’une injonction de soins, une interdiction de contact avec tout mineur sauf ses quatre petits-enfants qu’il pourra voir uniquement en présence d’au moins un adulte ou une peine de deux ans en prison en cas de manquement, l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs et une inéligibilité d’une durée de cinq ans outre son inscription au FIJAIS.

La présidente lui a rappelé qu’il avait, comme le procureur de la République, dix jours pour faire appel de ce jugement.