Clamart | Un ex-entraîneur cycliste condamné pour agressions sexuelle
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 08/09/2026
- 20:55
Notant la “durée et la répétition des faits”, la procureure a souligné que “de l’aveu même (du prévenu), si ces faits n’avaient pas été révélés, il aurait probablement continué”, alors que le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné lundi un ex-entraîneur cycliste à cinq ans de prison dont un ferme pour agression sexuelle.
Le ministère public avait requis deux ans de prison ferme.
Âgé de 49 ans, William Bastit, qui était avant les faits vice-président de commission de la Fédération française de cyclisme et président du comité départemental des Hauts-de-Seine, a également été condamné à une interdiction définitive de toute activité avec des mineurs, avec injonction de soins.
L’enquête visant celui que plusieurs parents décrivent comme un “pilier” de la CSM Clamart Cyclisme 92, l’un des plus importants clubs d’Île-de-France, débute avec le signalement en 2024 d’un ancien membre, qui dénonce une agression sexuelle.
C’est un pré-ado, presque un enfant
La présidente, à propos d’une victime d’agression sexuelle
En octobre 2009, William Bastit, qui lui avait trouvé un stage et l’hébergeait pour une semaine alors que l’adolescent était âgé de 13 ans, lui montre un film pornographique, insiste pour le masturber, puis lui fait une fellation.
Alors que sa famille est très impliquée dans la vie du club de cyclisme, Yann (prénom modifié à sa demande) se sent “prisonnier, sans possibilité de prendre de la distance”, explique-t-il devant le tribunal correctionnel.
Désormais formateur sportif pour des mineurs, “je me positionne en tant que professionnel” mais également “pour l’enfant de 13 ans que j’étais”, explique-t-il.
Durant l’audience, la présidente a montré une photo de Yann un an après les faits, en tenue de cycliste sur son vélo, visage imberbe et traits fins.
“C’est un pré-ado, presque un enfant”, a-t-elle souligné.
“Rassure-toi pour eux, je veux pas les faire souffrir comme toi”
L’éducateur, qui a reconnu “avoir été pédophile” mais assure ne plus l’être depuis le début de l’enquête, dit avoir vu “la colère” de Yann, mais nie avoir compris lui avoir fait du mal.
La présidente lui a rappelé un message de l’adolescent, envoyé quelques années après les faits et alors que son frère rentrait au club, lui disant :
“J’espère que tu vas pas recommencer tes conneries”.
William Bastit lui répond:
“Rassure-toi pour eux, je veux pas les faire souffrir comme toi”.
Pourtant, jusqu’en 2024, il continue d’envoyer des messages à des adolescents leur parlant de leur sexualité et leur demandant des photos de leurs corps, de leurs sexes.
14 noms étaient retenus par les enquêteurs, mais certains n’ont pas souhaité porter plainte et les débats ont souligné que les faits étaient prescrits pour d’autres.
William Bastit, le prévenu
“Il m’avait offert mon premier portable, mes parents ne voulaient pas. J’ai jamais pris de plaisir à lui répondre, j’étais gêné”, a témoigné l’un de ces adolescents, tandis que les parents de plusieurs victimes ont partagé leur sentiment de trahison.
“Je n’ai jamais joué l’amitié avec ces personnes, j’avais le vice d’envoyer ces messages, comme si j’étais deux personnes différentes”, a justifié le prévenu.
“Les termes d’amitié sont complètement déplacés”, a reconnu son avocate Me Shahena Syan, qui a cependant souligné que son client “reconnaît les faits, c’est une prise de conscience qu’il a eue”.
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