Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Locarn | Prison avec sursis pour le papy de substitution

Encore un viol correctionnalisé ...

Toujours en liberté

Un homme de 62 ans, habitant à Locarn, entre Carhaix et Guingamp, était jugé pour une agression sexuelle sur une petite fille de 6 ans. Il a échappé à la prison ferme.

A l’appel de son nom, c’est un homme sévèrement handicapé qui se présente à la barre du tribunal de Saint-Brieuc ce jeudi 18 mars.

Agé de 62 ans, diminué par la sclérose en plaque, il a du mal à se déplacer et à marcher.

La présidente l’autorisera exceptionnellement à poursuivre les débats assis, mais les faits dont il doit répondre sont encore une fois d’une gravité extrême, puisque c’est bien d’agression sexuelle imposée à un mineur de moins de 15 ans dont il s’agit, en l’occurrence une fillette de 6 ans.

Des faits qui se sont produits en aout 2016 à Locarn, entre Guingamp et Carhaix, et qui lui valent d’être sous contrôle judiciaire depuis cette date.

Une agression sexuelle dans la voiture

Il a pour voisine une vieille dame avec qui il entretient d’excellents rapports. Au fil des ans, il est devenu un peu le papy de substitution, alors lorsque la petite fille de 6 ans vient voire sa mamie, elle demande toujours si elle peut aller chercher des légumes dans le potager avec le voisin.

Ce 26 juillet 2016, le gentil papy va montrer un tout autre visage. Il a une vieille voiture abandonnée dans son jardin, que la fillette rêve de conduire, il est assis derrière le volant et va l’installer entre ses jambes, mais tout va déraper.

La petite fille rentre et va immédiatement demander à sa maman de partir, elle ne veut plus rester chez mamie, elle souhaite rentrer à la maison tout de suite.

Un comportement inquiétant qui appelle des réponses, alors la fillette va se confier : « J’ai honte de te dire maman, il m’a touché la nénette et il a mis son doigt plein de terre dans ma lune, je lui ai dis que je ne voulais pas, mais il a dit encore un peu, et il voulait aussi m’embrasser, après il m’a dit que c’était un secret sinon il ferait grrrrrr, mais moi je te le dis quand même ».

« Que des mensonges ! »

Aujourd’hui devant le tribunal, il nie tout en bloc : « Que des mensonges, il y a des gens qui veulent me faire plonger ».

Certes, il a avoué devant les enquêteurs en donnant des détails précis, mais c’était sous la contrainte selon lui.

Surprenant pour la présidente :

« Donc tout le monde ment, le juge d’instruction, vous ? Et les experts ils vous ont aussi contraints ? Le rapport gynécologique est accablant, la petite victime ne ment pas Monsieur ! »

Le procureur appuie sur un fait :

« Nous sommes en présence d’un dossier d’assises puni de dix ans de réclusion, ce dossier est correctionnalisé de justesse. »

Deux versions s’opposent : la constance de cette petite fille, qui va expliquer avec toute son innocence aux enquêteurs à l’expert et au juge les faits sans en rajouter et l’inconstance du prévenu, qui avoue en donnant des détails très précis, avant de se rétracter à plusieurs reprises.

Le procureur requiert 4 ans de prison dont 3 avec sursis, et une inscription de plein droit au FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

Maitre Dangeon, conseil du prévenu, jettera toute sa conviction dans sa plaidoirie pour démontrer que son client peut prétendre à bénéficier de larges circonstances, son état de santé, l’ancienneté des faits, aucune mention au casier, son respect du contrôle judiciaire. Elle plaidera même la relaxe.

Au vu de son état de santé, le tribunal ne prononcera pas de peine ferme, se contentant d’une peine de 5 ans de prison avec sursis probatoire de 2 ans, une inscription au Fichier des délinquants sexuels, et 6600 € au titre des divers préjudices liés aux parents, un renvoi sur intérêt civil est prononcé pour le calcul des indemnités dues à la victime.