<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Amélie Nothomb Archives - Wanted Pedo WantedPedo</title>
	<atom:link href="https://wantedpedo-officiel.com/tag/amelie-nothomb/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link></link>
	<description>Association de Lutte contre la Pédocriminalité</description>
	<lastBuildDate>Wed, 18 Nov 2020 23:05:21 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://wantedpedo-officiel.com/wp-content/uploads/2020/10/cropped-logo_effect_relief_sans_eclat-32x32.png</url>
	<title>Amélie Nothomb Archives - Wanted Pedo WantedPedo</title>
	<link></link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Témoignage &#124; Amélie Nothomb : « Je suis le fruit d’une enfance heureuse et d’une adolescence saccagée »</title>
		<link>https://wantedpedo-officiel.com/temoignage-amelie-nothomb-suis-fruit-dune-enfance-heureuse-dune-adolescence-saccagee__trashed/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[**** ****]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Aug 2017 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actus]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Amélie Nothomb]]></category>
		<category><![CDATA[Pédocriminalité]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[Viol sur Mineur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://wantedpedo-officiel.com/temoignage-amelie-nothomb-suis-fruit-dune-enfance-heureuse-dune-adolescence-saccagee__trashed/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Wanted Pedo |</p>
<p>Je ne serais pas arrivée là si… Si je n’avais pas été insomniaque de naissance. C’est la conclusion à laquelle je suis parvenue après avoir beaucoup réfléchi à ce début de phrase absolument fascinant. Oui, cette insomnie a été constitutive et certainement ce qui a le plus compté dans ma vie. Elle a toujours existé, même lorsque [&#8230;]</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://wantedpedo-officiel.com/temoignage-amelie-nothomb-suis-fruit-dune-enfance-heureuse-dune-adolescence-saccagee__trashed/">Témoignage | Amélie Nothomb : « Je suis le fruit d’une enfance heureuse et d’une adolescence saccagée »</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://wantedpedo-officiel.com">Wanted Pedo WantedPedo</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Wanted Pedo |</p>
<h2 class="taille_courante">Je ne serais pas arrivée là si…</h2>
<h3>Si je n’avais pas été insomniaque de naissance. C’est la conclusion à laquelle je suis parvenue après <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe avoir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/auxiliaire/avoir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">avoir</a> beaucoup réfléchi à ce début de phrase absolument fascinant.</h3>
<h4>Oui, cette insomnie a été constitutive et certainement ce qui a le plus compté dans ma vie. Elle a toujours existé, même lorsque j’étais bébé et même si mes parents ont mis un temps fou à s’en <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe apercevoir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/apercevoir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">apercevoir</a>.</h4>
<figure id="attachment_108807" aria-describedby="caption-attachment-108807" style="width: 534px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" fetchpriority="high" class="size-full wp-image-108807" src="https://wantedpedo-officiel.com/wp-content/uploads/2020/10/d417b95_14845-qduuyz.0wr3vj9k9.jpg" alt="Amélie Nothomb" width="534" height="684" /><figcaption id="caption-attachment-108807" class="wp-caption-text">Amélie Nothomb</figcaption></figure>
<h4 class="question">Mais voyons, un bébé qui ne dort pas crie, pleure, s’agite…</h4>
<p>Non. Les deux premières années de ma vie, je suis restée quasi inerte, dans un mutisme total. Je ne sais pas exactement ce que j’étais, c’est un pur mystère. Mes parents, qui habitaient le <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité Japon" href="http://www.lemonde.fr/japon/">Japon</a> et sont l’incarnation du quiétisme, trouvaient cela formidable. Ils ne se sont pas inquiétés, je crois même qu’ils pensaient que je dormais les yeux ouverts. Ce qui était faux. Je ne dormais pas, je m’en souviens très bien.</p>
<p>Et puis, vers 2 ans et demi, je me suis comme réveillée – ce qui est paradoxal – en captant de courts cycles de sommeil. Mes parents ne se sont toujours rendu compte de rien jusqu’à ce qu’ils découvrent, quand j’avais environ 5 ans, que je me baladais la nuit dans la maison. Ma mère a aussitôt émis un règlement : la nuit, on reste dans son lit. Pas le droit d’en <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe sortir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/sortir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sortir</a> avant 6 heures du matin.</p>
<h4 class="question">Alors qu’avez-<a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité vous" href="http://www.lemonde.fr/vous/">vous</a> fait ?</h4>
<p>Je me suis occupée ! D’abord, j’ai beaucoup regardé ma sœur <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe dormir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/dormir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">dormir</a>. Nous partagions la même chambre et elle dormait pour deux ! Comme je suis devenue nyctalope – c’est la moindre des choses lorsqu’on est insomniaque –, la <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe contempler" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/contempler/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">contempler</a> était une merveilleuse occupation. Et puis je répondais aux voix que j’entendais. Il y en avait des centaines dans ma tête et je leur parlais.</p>
<p>Enfin, je me racontais l’histoire. Pas « des histoires » mais « l’histoire ». Ce fut la grande occupation de mes années 5-12 ans. Me <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe raconter" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/raconter/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">raconter</a> « l’<a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité histoire" href="http://www.lemonde.fr/histoire/">histoire</a> » : une sorte d’épopée qui partait dans tous les sens et pleine de personnages fluctuants, l’idée étant de me <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe faire" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/faire/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">faire</a> <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe connaître" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/conna%C3%AEtre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">connaître</a> les sensations les plus fortes possible. Ce pouvait <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe être" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/auxiliaire/%C3%AAtre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">être</a> l’aventure de deux enfants abandonnés qui devenaient cosmonautes. Ou celle du méchant prince torturant la gentille princesse…</p>
<h4 class="question">Etiez-vous vous-même au <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité centre" href="http://www.lemonde.fr/centre/">centre</a> de l’histoire ?</h4>
<p>J’étais tous les personnages à la fois : les enfants abandonnés, le méchant prince, la gentille princesse… Je me racontais l’histoire – j’étais donc le locuteur et le public – et ça marchait très bien. J’attendais la nuit avec impatience. Et mes parents, qui se félicitaient d’avoir une enfant sage, ignoraient que si j’insistais tellement pour <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe aller" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/aller/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">aller</a> me <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe coucher" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/coucher/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">coucher</a> tôt, c’était parce que l’obscurité et l’enveloppe des draps étaient propices à « l’histoire ».</p>
<p>Hélas, à 12 ans, mon système s’est lézardé, le récit s’est arrêté tout net. Je pense que si je suis devenue écrivain, c’est en grande partie parce que je ne parvenais plus à me raconter « l’histoire » dans ma tête. Il me fallait désormais un intermédiaire – ce sera le papier – pour <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe permettre" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/permettre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">permettre</a> de la <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe fixer" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/fixer/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">fixer</a>. C’est ainsi que « l’histoire » est devenue « des histoires ».</p>
<h4 class="question">Que s’est-il passé à 12 ans qui a ainsi perturbé votre équilibre ?</h4>
<p>Un événement-clé que je raconte brièvement dans <em>Biographie de la faim</em>. Une baignade en mer, au <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité Bangladesh" href="http://www.lemonde.fr/bangladesh/">Bangladesh</a>, où vivait alors ma <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité famille" href="http://www.lemonde.fr/famille/">famille</a>, et au cours de laquelle j’ai été agressée sexuellement par quatre hommes. Je ne veux pas m’appesantir sur cet événement qu’il m’a fallu <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe dépasser" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/d%C3%A9passer/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">dépasser</a>. Disons simplement que l’année de mes 12 ans fut charnière. D’un coup, j’ai découvert la puberté, la violence, la haine de soi, la haine tout court, la fatigue et le froid. Autant de sensations qui m’étaient alors parfaitement inconnues.</p>
<p>Jusque-là, ma vie n’était pas forcément heureuse, mais enfin, c’était quand même chouette et mes insomnies constituaient des moments de bonheur et d’exploration du réel à travers « l’histoire ». Après ce drame, les insomnies sont devenues problématiques et les voix qui me parlaient dans ma tête nettement moins agréables. J’ai soudain eu le sentiment de <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe vivre" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/vivre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">vivre</a> avec un ennemi intérieur. Une sorte de monstre générateur d’angoisse. Ma vie a totalement basculé.</p>
<h4 class="question">Et l’anorexie s’est imposée.</h4>
<p>Un an plus tard. A 13 ans et demi. Suivie de troubles alimentaires multiples qui ont duré des années. Car on ne sort pas comme ça de l’anorexie pure et dure. Quand on veut <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe recommencer" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/recommencer/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">recommencer</a> à <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe manger" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/manger/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">manger</a>, c’est l’horreur, on découvre qu’on ne sait plus manger, que le corps ne supporte plus rien, qu’on est malade tout le temps, avec l’impression d’être possédée par le démon. Surtout, on a perdu toute sociabilité. Et on est mis au ban de la société parce qu’on n’est plus capable de manger avec les autres. Ça ne va pas, et tout <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité le monde" href="http://www.lemonde.fr/le-monde/">le monde</a> voit que ça ne va pas. Cauchemardesque.</p>
<p>Alors, même si elle a compté dans ma vie et certainement contribué à faire l’écrivain que je suis, il est hors de question que je valorise l’anorexie. Trop de gens l’idéalisent en pensant qu’il y a quelque intérêt à y <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe trouver" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/trouver/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">trouver</a>. C’est faux ! Elle fait des ravages. Je serais quelqu’un de bien mieux si je n’avais pas été anorexique.</p>
<h4 class="question">L’écriture n’a pas tout de suite constitué un recours ?</h4>
<p>Non. Je n’ai pas écrit une ligne avant 17 ans. Sauf des lettres. Depuis l’âge de 6 ans, j’avais l’ordre parental, ainsi que mon frère et ma sœur, d’écrire une fois par semaine à notre grand-père qui habitait Bruxelles. Nous recevions chacun de grandes feuilles blanches, de format A4, qu’il fallait absolument <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe remplir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/deuxieme-groupe/remplir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">remplir</a> et c’était un vrai casse-tête, même si je m’appliquais à <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe écrire" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/%C3%A9crire/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">écrire</a> grand. <em>« Raconte-lui ta vie ! »,</em> encourageait ma mère.</p>
<p>Mais en quoi ma vie de petite fille expatriée en Asie pouvait-elle <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe intéresser" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/int%C3%A9resser/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">intéresser</a> un vieux monsieur que je ne connaissais même pas, me disais-je. Vous voyez que j’avais déjà le souci du lecteur ! Je pense que si j’ai développé ce que j’appelle le sens de l’autre, c’est en partie à cause de cet exercice périlleux. C’était un dialogue avec l’inconnu, très différent de l’histoire que je me racontais la nuit.</p>
<p class="question">Mais pourquoi ne vous autorisiez-vous pas à écrire autre chose que ces lettres au grand-père ?</p>
<p>Parce que lorsque nous étions enfants, c’est ma sœur qui écrivait. Des histoires, des poèmes, des pièces de théâtre. Elle était géniale et admirée de tous. De moi d’abord, qui la lisais avec vénération et la considérais comme une divinité. Mais aussi de mes parents et de nos professeurs car ses pièces étaient jouées par les filles de l’école. Lorsqu’elle a arrêté d’écrire à 16 ans, j’ai attendu quelque temps, pensant qu’elle allait peut-être recommencer.</p>
<p>Et puis j’ai découvert Rilke et ses <em>Lettres à un jeune poète</em>. J’avais 17 ans et ce fut une illumination. L’acte d’écrire m’est soudain apparu à la fois accessible et puissant. Je dirais même vital. Et miracle : l’ancien récit a repris sous forme écrite. J’ai entamé mes premiers manuscrits.</p>
<h4 class="question">L’idée de <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe devenir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/devenir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">devenir</a> écrivain se profilait alors ?</h4>
<p>Oh non ! Je ne m’en sentais pas capable ! J’écrivais déjà comme une forcenée, mais il faudra que j’écrive une dizaine de <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité livres" href="http://www.lemonde.fr/centenaire-14-18-livres/">livres</a> avant d’oser <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe présenter" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/pr%C3%A9senter/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">présenter</a> le onzième – <em>Hygiène de l’assassin </em>– à un éditeur, avec les conséquences que l’on sait. Les premières années, ma sœur adorée était ma seule lectrice.</p>
<p class="question">Quelle était alors votre ambition de jeune fille, lorsque votre famille se pose enfin en <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité Belgique" href="http://www.lemonde.fr/belgique/">Belgique</a> ?</p>
<p>Tout simplement d’être japonaise. Car j’étais convaincue que la cause de tous les drames rencontrés depuis l’âge de 5 ans était mon départ du Japon, et l’arrachement des bras de ma mère japonaise. Un drame absolu qui, lui aussi, m’a très largement constituée. Jusque-là, je menais une double vie avec mes deux mamans, la Belge et la Japonaise, que j’aimais à égalité, et qui se toléraient parfaitement.</p>
<p>Mais notre départ du Japon a sonné le deuil de cet équilibre si parfait. Ce fut un arrachement fondamental. Et dans mon esprit, le Japon et cette humble femme du peuple, si douce et si maternelle, se confondaient. Je rêvais d’y <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe retourner" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/retourner/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">retourner</a>.</p>
<h4 class="question">En attendant, comme des millions d’étudiants, vous avez fait votre entrée en fac.</h4>
<p>Oui. Et j’allais super mal. J’étais seule. Atrocement seule. Je n’avais aucun amoureux, aucune amie. A cause de mes déracinements, à cause de mon étrangeté profonde, à cause du malaise que je suintais par tous les pores… Je ne savais pas comment il fallait s’habiller, comment il fallait <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe parler" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/parler/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">parler</a>, la musique qu’il convenait d’écouter. J’étais d’une clochitude fondamentale. A l’université, les gens me regardaient comme une bête curieuse.</p>
<p>Et le nom de ma famille n’arrangeait rien : Nothomb ! Je découvrais qu’en Belgique, il incarnait la droite catholique alors que j’avais justement choisi une université de gauche. Les professeurs comme les étudiants s’étonnaient : mais qu’est-ce que tu fous là avec un nom pareil ? J’avais tout contre moi. Et en un pied de nez suprême, j’ai décidé de <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe consacrer" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/consacrer/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">consacrer</a> ma thèse à Bernanos.</p>
<p class="question">Pourquoi avoir choisi de faire des études de philologie, la science du langage ?</p>
<p>J’avais assez vite compris, au fil des déracinements successifs dus à la carrière de diplomate de mon père, que le langage et la littérature étaient mon seul ancrage. A 16 ans, je parlais latin. Un choix et une bizarrerie personnels qui n’avaient rien à <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe voir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/voir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">voir</a> avec ma famille. Je suis née réac ! Petite, je n’aimais que ce qui était extrêmement ancien ou en relation avec le passé. Je n’ai acquis le goût de la modernité qu’en retournant au Japon à 21 ans.</p>
<h4 class="question">Au moins pouviez-vous <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe briller" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/briller/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">briller</a> dans vos études !</h4>
<p>J’étais passionnée et travaillais beaucoup. Mais ma vie sociale, malgré mes tentatives désespérées, était un désastre. Je me souviens d’avoir été plusieurs fois la risée de l’amphi. <em>«</em> <em>Quelle conne ! »,</em> ai-je entendu <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe hurler" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/hurler/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">hurler</a> après que j’ai posé une question. Je vous assure : j’étais une pestiférée.</p>
<h4 class="question">C’est incompréhensible. Vous étiez jolie, gentille, cultivée…</h4>
<p>Jolie, faut le <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe dire" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/dire/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">dire</a> vite ! Je ne sais pas ce que je vaux physiquement aujourd’hui, mais je suis persuadée que je suis mieux à 50 qu’à 18 ans. J’étais si mal dans ma peau ! Du coup, j’essayais d’avoir une vie nocturne. Et j’ai le <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe souvenir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/souvenir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">souvenir</a> de soirées universitaires, extrêmement mal fréquentées ; de fêtes dramatiques dans des garages, avec des individus plus que douteux.</p>
<p>J’avais de pauvres aventures absolument sordides, voire humiliantes, mais je me disais : c’est quand même mieux que de ne rien vivre du tout. J’en étais là ! Fruit d’une enfance heureuse et d’une adolescence saccagée qui m’a longtemps fait vivre avec la conviction que ma vie était foutue. <em>No future.</em> Terminé ! Une façon de <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe penser" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/penser/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">penser</a> radicalement punk, même si j’ignorais le mot.</p>
<p>A 15 ans, je n’étais pas sûre de vivre. Au moins, l’anorexie a-t-elle eu le mérite de <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe dévier" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/d%C3%A9vier/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">dévier</a> mon attention. Je n’étais plus obsédée par : « c’est foutu à cause de ce qui m’est arrivé » mais « c’est foutu parce que je ne sais pas manger ». Paradoxalement, c’était une démarche de salut.</p>
<p class="question">Vous citez souvent la phrase de Nietzsche, lui aussi philologue : <em>« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »</em></p>
<p>C’est vrai. L’idée du combat est intéressante. Et la vie m’a appris que j’étais finalement plus solide que je ne le pensais. Mais il ne faut pas <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe confondre" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/confondre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">confondre</a> épreuve et dégradation. L’anorexie était une épreuve, car il fallait se <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe battre" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/battre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">battre</a>. Ce qui m’est arrivé à 12 ans était une dégradation. Et la dégradation demeure à tout jamais. Elle explique cette fragilité immense qu’il me faut <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe vaincre" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/vaincre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">vaincre</a> tous les matins et la nécessité vitale d’écrire qui en résulte. Tous les matins, je dois me battre. Et tous les matins, tout est à recommencer. Car les forces obscures sont toujours en moi.</p>
<h4 class="question">Est-ce cela <em>« le secret indicible »</em> que vous avez souvent évoqué sans le nommer ?</h4>
<p>Oui, bien sûr.</p>
<p class="question">Cette agression sexuelle l’année de vos 12 ans ?</p>
<p>Qui reste en moi.</p>
<p class="question">Cela s’appelle un traumatisme.</p>
<p>Sans doute. Mais j’aime l’idée de dégradation : j’étais un petit soldat à qui on a enlevé ses galons.</p>
<h4 class="question">Pourquoi parler de forces obscures ?</h4>
<p>Parce que lors d’une transe, au cours d’un très long séjour en forêt amazonienne, j’ai pu <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe visualiser" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/visualiser/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">visualiser</a> la chose : ces démons qui étaient encore là et que j’ai tout fait pour <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe chasser" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/chasser/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">chasser</a> de mon corps. Un exorcisme d’une violence incroyable. Mais vain. Alors je me suis résolue : Amélie, tu vis avec ça en toi depuis si longtemps…</p>
<p class="question">Tant de femmes ont enfoui en elles le secret d’un viol.</p>
<p>C’est effroyable. Et, je le pense, générationnel. Dieu sait si j’ai peu parlé de cet épisode, mais chez les gens plus âgés, les réactions ont été ignobles. Subsiste toujours l’idée que la victime est en réalité coupable. Ce n’est pas pour rien que j’ai si mal vécu cette histoire. On me renvoyait une culpabilité que j’ai fini par <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe intégrer" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/int%C3%A9grer/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">intégrer</a>.</p>
<p class="question">Quel était le but de ce <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité voyage" href="http://www.lemonde.fr/m-voyage/">voyage</a> en Amazonie que vous venez d’évoquer ?</p>
<p>Corine Sombrun m’en avait donné le désir à travers ses <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité livres" href="http://www.lemonde.fr/emploi-livres/">livres</a>. Elle est chamane, ce qui n’est pas mon cas, mais je suis « un bon récepteur ». Et j’ai eu envie de me <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe livrer" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/livrer/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">livrer</a> à la même expérience qu’elle – une rencontre avec « les esprits » – au fin fond de la forêt amazonienne, chez les Indiens.</p>
<p>Les conditions sont rudes, la diète et les règles très strictes. Ce n’est pas du tout une partie de plaisir. Et ça peut même être dangereux. Mais pour moi, ce fut énorme : le contact avec l’esprit, que l’on voit, que l’on entend, que l’on sent ; les retrouvailles avec certaines personnes disparues ; l’accès à un univers parallèle archipeuplé et invisible le reste du temps. Ce fut la porte ouverte sur un autre <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité monde" href="http://www.lemonde.fr/afrique-monde/">monde</a>.</p>
<h4 class="question">Avez-vous écrit sur cette expérience ?</h4>
<p>Oui, même si c’est très difficile. Mais mon éditeur m’a refusé le livre. <em>« Ecoutez,</em> m’a-t-il dit, <em>les gens pensent déjà que vous êtes dingue. Si vous voulez leur en <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe apporter" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/apporter/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">apporter</a> la preuve sur un plateau… »</em></p>
<h4 class="question">Mais la liberté de l’écrivain d’écrire sur ses expériences ?</h4>
<p>Allons, de quoi me plaindrais-je ? Vingt-six <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité livres" href="http://www.lemonde.fr/livres/">livres</a> ont déjà été acceptés sur vingt-huit. Et j’avoue avoir été sensible à son argument : la prise de l’ayahuasca, légale au <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité Pérou" href="http://www.lemonde.fr/perou/">Pérou</a>, est illicite en <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité France" href="http://www.lemonde.fr/europeennes-france/">France</a> où on assimile ce breuvage à base de lianes à une drogue. J’ai vu des gens pour qui l’expérience s’était très mal passée, je ne veux pas avoir ça sur la conscience. Non, <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe prendre" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/prendre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">prendre</a> de l’ayahuasca n’est pas cool et je ne veux pas en faire la promotion. Pas de livre, donc.</p>
<p>Mais le sujet est trop important pour que je n’y revienne pas un jour d’une autre façon. Car j’ai bel et bien rencontré la déesse Ayahuasca, qui est une très très belle femme, qui m’a prise dans ses bras, a dansé avec moi, et m’a dit qu’elle m’aimait. C’était le but de ma vie. Je sais que je vais <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe passer" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/passer/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">passer</a> pour une illuminée. Mais qu’importe. Ce n’était pas une chimère. J’ai vécu cet épisode à mille pour cent et c’était inouï. Proprement inouï.</p>
<p>Point de vue plaisir, je crois avoir eu tout ce qu’il me fallait dans la vie, mais ça, c’était au-delà du plaisir, et plus merveilleux que tout. Et cela m’a enfin donné accès à une version de la féminité à mille lieues des créatures geignardes, dénuées de force et d’audace, que dépeint Montherlant dans <em>Les Jeunes Filles</em>, ce livre phare de mon adolescence qui me faisait <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe refuser" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/refuser/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">refuser</a> avec horreur l’idée de devenir une femme.</p>
<h4 class="question">L’<a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité amour" href="http://www.lemonde.fr/amour/">amour</a> maternel est au cœur de votre dernier livre. Et particulièrement la relation mère-fille. Elle vous fascine donc ?</h4>
<p>Et comment ! Moi qui n’ai volontairement pas eu d’enfant, si ce n’est beaucoup d’enfants de papier – car je tombe « enceinte » de chaque livre –, j’aurais pu dire : je ne serais pas arrivée là si, petite fille, je n’avais pas été aussi folle d’amour pour ma mère. J’aimais aussi mon père, mais il ne me faisait pas triper. Mon trip, c’était ma mère.</p>
<p>Je ne cessais de lui dire et redire : <em>« Maman, je t’aime. Maman, aime-moi ! »</em> Elle répondait :<em> « Mais je t’aime, je t’aime ! » </em>J’insistais : <em>« Oui, mais aime-moi encore plus ! »</em> Elle a fini par me dire cette chose énorme, lorsque j’ai eu 9 ans : <em>« Si tu veux que je t’aime encore plus, eh bien séduis-moi. »</em> Je me suis récriée : <em>« Mais enfin, tu es ma mère, c’est ton <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe devoir" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/devoir/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">devoir</a> de m’aimer ! »</em> Elle a tranché, elle pourtant si gentille je vous l’assure : <em>« Ça n’existe pas l’amour obligatoire ! »</em> Et je lui donne raison. Elle m’a <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité armée" href="http://www.lemonde.fr/armee/">armée</a>avec cette réponse.</p>
<p>Et j’ai compris : tu veux qu’on t’aime, ma fille, eh bien donne-toi du mal ! Rien n’est automatique ! Même pas l’amour maternel. Il se trouve que j’étais née du bon côté de la barrière, ma mère m’aimait. Mais j’ai eu tant d’amies qui n’ont pas été aimées par leur mère. Voire ont été jalousées par elle. Ce non-amour est une blessure inguérissable qui provoque d’immenses dégâts.</p>
<p class="question">Vous atteignez la cinquantaine. Le temps qui passe vous inquiète-t-il ?</p>
<p>La machine s’use, je dois bien le <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe constater" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/constater/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">constater</a>. Je commence à avoir des petites douleurs, je dois aller chez le kiné parce que mon épaule souffre à force d’écrire huit heures par jour. Mais c’est anecdotique. Ce qui m’inquiète, c’est la perspective de <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe perdre" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/perdre/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">perdre</a> mes parents. Ils sont encore de ce monde, et je m’en réjouis. Mais je sais qu’on surmonte beaucoup mieux un deuil, même terrible, quand on a 20 ans que quand on en a 50. Je cesse d’être jeune. Cela veut donc dire qu’un jour, devant une perte aussi fondamentale, je vais <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe morfler" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/morfler/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">morfler</a>.</p>
<p class="question">Vous avez parfois dit que l’ensemble de vos <a class="lien_interne rub" title="Toute l’actualité livres" href="http://www.lemonde.fr/idees-livres/">livres</a> constituait une sorte de rébus, lequel ne sera déchiffrable, un jour, que lorsqu’on les aura tous lus…</p>
<p>Je ne nargue pas mes lecteurs. Le rébus est valable pour moi aussi !</p>
<p class="question">Mais vous l’organisez, puisque vous décidez lequel des trois ou quatre livres écrits dans l’année sera publié.</p>
<p>Je choisis un livre que je trouve bon et qui, en effet, fera sens dans la « big picture ».</p>
<h4 class="question">Il y a donc bien un dessein global !</h4>
<p>Je dessine un géoglyphe.</p>
<h4 class="question">Pardon ?</h4>
<p>Toutes mes vérités sont décidément en Amérique du Sud ! Les géoglyphes sont des œuvres d’art géantes, tracées sur le sol, pour n’être visibles que des oiseaux… ou des dieux. Les Mayas notamment en ont fait de splendides et aucun humain n’en avait la vision puisqu’à leur époque, l’avion n’existait pas. Eh bien, je pense qu’à mon niveau, je fais un géoglyphe. Je ne sais pas qui le verra un jour, mais j’y travaille. Vous souriez ? Je vous en prie : laissez-moi ma folie des grandeurs ! Laissez-moi <a class="lien_interne conjug" title="Conjugaison du verbe croire" href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/croire/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">croire</a> que je bâtis mon géoglyphe ! J’adore.</p>
<p><strong>Propos recueillis par Annick Cojean</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Source: <a href="http://www.lemonde.fr/la-matinale/article/2017/08/27/amelie-nothomb-je-suis-le-fruit-d-une-enfance-heureuse-et-d-une-adolescence-saccagee_5177100_4866763.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le Monde</a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://wantedpedo-officiel.com/temoignage-amelie-nothomb-suis-fruit-dune-enfance-heureuse-dune-adolescence-saccagee__trashed/">Témoignage | Amélie Nothomb : « Je suis le fruit d’une enfance heureuse et d’une adolescence saccagée »</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://wantedpedo-officiel.com">Wanted Pedo WantedPedo</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
