Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Le Havre | À Bolbec, pédophile diffusait des photos de l’intimité de sa fille de 4 ans sur internet. Verdict, 4 mois ferme !

Pour échanger des images pédopornographiques, il est allé jusqu’à diffuser celles de son enfant de 4 ans. Il fait part d’une « fascination » durant six années de passages à l’acte.

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Il souffle, se gratte nerveusement. Il désapprouve ce qu’il a commis en secouant sa tête de gauche à droite. Il met sa main à sa bouche quand la présidente rappelle qu’il a envoyé à d’autres internautes des photos pédopornographiques de sa fille de 4 ans.

S’exprimant longuement à la barre du tribunal correctionnel du Havre, l’homme de 38 ans relate avoir découvert les images interdites de mineurs « par hasard ».

Des dizaines de milliers d’images

Alors qu’il souhaitait télécharger un banal film en 2006, il en a obtenu. Il les a regardées, a commencé à récupérer volontairement d’autres clichés. Il en a aussi partagé sur la toile. « Vous aviez parfaitement conscience de ce que vous faisiez », retient la présidente.

L’internaute prenait soin de naviguer par le biais d’un système ne laissant aucune trace.

« Je ne connaissais pas ce système, avoue son avocat. Je me suis renseigné. On y trouve tous les tarés de notre planète : pédopornographie, nazi… » Le prévenu domicilié dans une commune du canton de Bolbec télécharge des images de plus en plus violentes jusqu’à la dénonciation des faits en février 2012.

« Ce sont au final des dizaines de milliers d’images. Les enfants sont de plus en plus jeunes. Il y a des vidéos de viols, des photos avec des adultes, avec des animaux », martèle la procureure. Pour la défense,

« installé dans un mal-être, il s’est enfermé dans cette bulle d’Internet. C’était devenu une drogue. »

Un psychologue saisi par la justice a retenu « une névrose plutôt qu’une perversité » chez le sujet qui nie toute « excitation » ou « attirance ». Il évoque davantage « une fascination ». La présidente grimace : « Comment arrivez-vous à transmettre à un pédophile qui ne se cache pas de l’être des photos de votre fille de 4 ans ? De son sexe, de ses fesses. » En échange, il recevait d’autres clichés. Avant que la juge aborde cette partie sombre du dossier, le prévenu avait soutenu ne pas avoir « fait de mal » à des enfants.

« Une personnalité influençable »

La juge avait déjà levé le ton. Il décrit à plusieurs reprises la « honte » ressentie pour lui et sa famille, la crainte du regard de ses collègues de travail. L’expert a relevé « une personnalité influençable » en raison de sa consommation de stupéfiants depuis l’adolescence. L’intéressé s’y engouffre comme moyen de défense.

« L’arrivée du dossier au parquet l’a arrêté dans son escalade », rassure la procureure.

« Un passage en détention provisoire a aussi été un électrochoc, plaide la défense. Je lui avais dit de ne surtout pas sortir en promenade. Il n’en avait pas conscience. » 

« Il les aura au-dessus de la tête pour le contraindre aux soins dont il a besoin », a énoncé la procureure.

Comme requis par le parquet, le trentenaire écope de vingt-quatre mois de prison, dont quatre ferme.

Il sera donc condamné à 4 mois de prison ! 

Source : paris-normandie.fr