Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Guebwiller | Deux bouchers condamnés pour agressions sexuelles sur des stagiaires mineures

L’un était son maître de stage, l’autre le gérant de la boucherie

photo d'une adolescente tendant la main pour échapper a l'agression
Toujours en liberté

Deux frères âgés de 36 et 31 ans ont été condamnés ce 27 octobre 2026 pour l’agression sexuelle de deux mineures, dans la boucherie où elles effectuaient leur stage, à Guebwiller.

En ce printemps 2024, la lycéenne de 17 ans a refusé de retourner dans la boucherie de Guebwiller où elle effectuait son stage.

Le 17 mai, un signalement est rédigé par son établissement. La jeune fille a confié avoir été agressée sexuellement par son maître de stage. De 11 ans son aîné, il lui aurait touché la cuisse à plusieurs reprises.

Un soir, alors qu’elle quittait les vestiaires, il l’aurait aussi coincée dans les toilettes, où il l’aurait caressée et forcée à poser la main sur ses parties intimes.

Lors de ses investigations, la gendarmerie de Soultz va mettre au jour une autre victime.

En 2019 et 2020, celle-ci était stagiaire dans le même établissement. Lors d’une pause, le mis en cause aurait glissé ses mains entre ses cuisses et demandé à être réchauffé. Son frère aîné, gérant de la boutique, l’aurait également agressée.

Alors qu’il devait la ramener chez elle, il l’aurait embrassée et aurait passé ses mains sur le haut de son corps.

Jugés ce mardi 27 octobre devant le tribunal correctionnel de Colmar, les deux frères nient en bloc.

Tout juste admettent-ils avoir noué avec les mineures une relation plus ou moins sentimentale.

J’ai franchi une limite professionnelle.

, admet le plus jeune, qui reconnaît une liaison avec la première plaignante, qu’il croyait majeure.

Dans les vestiaires, c’est elle qui l’aurait embrassée :

C’est elle qui vous a agressé sexuellement, en fait !

, lance le président Jean-François Kuhn.

Le prévenu, qui ne perçoit pas l’ironie, précise :

On n’en était pas loin.

Son aîné, accusé uniquement par la seconde plaignante, déroule le même genre d’arguments :

Elle a posé sa tête sur mon entrejambe.

J’étais tétanisé.

, dit-il.

On ne peut que se montrer perplexe face à votre défense.

, tance la procureure Mathilde Pimmel, qui rappelle les années de naissance des différentes parties : 1989 et 1995 pour les mis en cause, 2003 et 2006 pour les parties civiles.

La première a accepté de parler uniquement pour protéger d’autres potentielles victimes, la seconde souffre toujours de symptômes de stress post-traumatique, soulignent leurs conseils, Mes Angélique Rakic et Aurore Gabriel.

Me Frédérique Kessler, avocat du cadet, plaide la relaxe.

Elle évoque une potentielle confusion dans les déclarations, un rapprochement réciproque, et s’interroge, au regard des demandes de dommages et intérêts – 6 000 et 8 000 € – sur la possible motivation des deux plaintes.

Il y a un besoin de recontextualiser le déroulé des événements.

, se défend pour sa part le frère aîné qui, comme son cadet, est aujourd’hui au chômage.

Seul le plus jeune avait déjà été condamné.

Il a écopé de 2 ans de prison dont 1 ferme, son frère de 12 mois dont 4 ferme, qu’ils pourront effectuer sous bracelet.

Deux ans dont 1 ferme et 12 mois de prison avec sursis probatoire avaient été requis.

Ils devront verser 2 000 € de dommages et intérêts aux victimes.