Sundgau | Un jeune de 21 ans jugé pour des agressions sexuelles sur sa sœur
Une justice très laxiste...
Le tribunal de Mulhouse a jugé un Sundgauvien de 21 ans pour des agressions sexuelles commises sur sa sœur en 2023-2024, alors qu'il avait 18-19 ans et la victime 13-14 ans. Le jeune homme, qui reconnaît les faits, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et cinq ans de suivi sociojudiciaire.
Un jour de juin 2024, une jeune Sundgauvienne alors âgée de 14 ans s’était confiée à sa belle-mère qui l’avait trouvée en pleurs.
L’adolescente, qui se scarifiait à cette époque et sortait d’une période d’hospitalisation, avait expliqué qu’elle était allée rendre visite à son frère, alors âgé de 19 ans, dans son appartement, qu’il l’avait embrassée, s’était allongé sur elle alors qu’elle était en sous-vêtements et s’était frotté à elle.
Le père des deux jeunes, mis au courant par sa compagne à son retour à la maison, a aussitôt déposé plainte.
Aux gendarmes, sa fille relatera qu’il y avait eu de multiples précédents de gestes à caractère sexuel au fil d’une période d’environ un an et demi, depuis un premier épisode où son frère avait « malaxé [sa] poitrine » par-dessus son pyjama.
Le prévenu : « J’ai beaucoup de pulsions sexuelles »
Face aux enquêteurs, le jeune majeur a immédiatement reconnu intégralement les faits dénoncés par sa sœur.
Aujourd’hui âgé de 21 ans, il a dû en répondre devant le tribunal correctionnel de Mulhouse lundi 19 octobre, jugé pour agression sexuelle incestueuse sur mineure de 15 ans [un libellé qui signifie de moins de 15 ans].
« Moi et ma petite sœur, on se cherchait, on jouait au chat et à la souris et on a commis l’irréparable »
, entame le Sundgauvien à l’heure de s’exprimer face aux juges.
La présidente d’audience, Tiffany Gamain, lui renvoie que le « on » qu’il utilise sous-entend que ce serait « mutuel » et s’efforce de lui faire prendre conscience que c’était à lui l’adulte, face à une adolescente de 14 ans avec qui il a de surcroît des liens du sang, d’éviter ce qui s’est passé.
« J’ai beaucoup de pulsions sexuelles. Je suis accro au porno »
, livre aux juges le prévenu, qui évoque ces « pulsions » quand il en revient un peu plus tard aux faits dont il répond.
« Quand je le faisais, j’étais rempli de remords. Je me disais que je n’avais pas le droit. Les pulsions, je n’arrive pas à les contrôler »
, relate le jeune homme, qui parle de ses difficultés à nouer des relations, de son « manque de confiance » en lui.
Son père fait le même constat :
« Mon fils, c’est un solitaire, il est enfermé dans sa bulle »
, dépeint-il à la barre.
Quand Tiffany Gamain lui demande comment va aujourd’hui la victime, qui n’est pas présente à l’audience, il se veut positif :
« Elle va beaucoup mieux […] Elle s’est beaucoup apaisée. Elle a des projets pour plus tard »
, dit-il de sa fille, encore mineure.
Une peine visant à prévenir la récidive
« La question majeure qui va se poser, c’est comment on va pouvoir éviter que vous ne recommenciez », adresse au prévenu la présidente.
« Est-ce que vous accepteriez une thérapie ? »
, lui demande-t-elle.
Le vingtenaire, qui travaille dans la restauration et n’a pas d’avocat, acquiesce.
« Ça pourrait m’aider »
, observe-t-il.
Cette voie d’un travail thérapeutique apparaît comme incontournable au procureur, Jean-François Assal, qui requiert une peine de « 15 à 18 mois » de prison avec sursis, cinq ans de suivi sociojudiciaire avec une injonction de soins, et six mois de prison encourus en cas de non-respect de cette obligation de suivi médico-psychologique.
Le magistrat du parquet sollicite aussi une interdiction de contact avec la victime pour une durée de deux ans, cinq ans d’inéligibilité et l’inscription du prévenu au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Le tribunal a suivi en tous points ses réquisitions, en retenant la partie haute de la fourchette pour le premier volet, soit 18 mois de prison avec sursis.