Draguignan | Jacques Cviklinski, condamné à 15 ans de prison sort au bout d’une année !

oui

Pédocriminel En liberté

“Sortir du silence (…) pour stopper la transmission transgénérationnelle de l’inceste”
Quelques mots de Vladimir Cviklinski sur les viols trangesrationnels qui ont eu lieu au sein de sa famille et sur le déni des incestes.

Actualisation du 19 avril :

Les accusations d’inceste de Jessica Cviklinski à l’encontre Jacques et Marc Linski, ayant abouti, depuis, au retrait de la stèle à leur mémoire du port de plaisance de Calvi, continuent à faire des remous.

Vladimir Cviklinski, qui réside à Patrimoniu a, en effet, décidé, à son tour, de s’exprimer après la réaction des enfants et frères des accusés, souhaitant “rétablir la vérité” sur ces accusations d’inceste…

En réponse à l’article paru dans votre édition du Corse Net Infos du 22 mars 2021 portant sur la stèle Cviklinski à Calvi.

“Pour commencer, je dois dire que la douleur du décès de mon grand-père et de mon oncle, je l’ai aussi vécue, mais elle ne justifiera jamais que les victimes se taisent. Il y a une légitimité à la libération de la parole pour que les victimes se reconstruisent, encore faudrait-il qu’elles soient écoutées et entendues, ce qui n’est toujours pas le cas dans notre famille incestueuse.

Sortir de ce silence mortifère est incontournable pour stopper la transmission transgénérationnelle de l’inceste. Un grand problème de société.

Je tiens à remercier l’association Corse Donne in Lotta pour son courage dans l’accompagnement de la parole des femmes victimes de violences.

Les propos de mon père, Luc Cviklinski et de sa fratrie à l’encontre de cette association sont déplacés. Une fois de plus ils se permettent une injonction au silence. Ils ne portent que leur propre voix.

Quelle légitimité ont-ils pour juger publiquement avec si peu de nuances le travail de cette association ?

Je prends la parole parce que dans l’article du 22 mars mon père et sa fratrie m’accusent entre autre « d’allégation colportée » et de « propos calomnieux » notamment dans le film « Une affaire de famille » de Michèle Bourgeot sur Vimeo.

Je leur réponds qu’ils sont encore une fois dans le déni des incestes dans notre famille et je les invite à lire les publications de mes sœurs Jessica Cviklinski, Emilie Cviklinski et Virginie Cviklinski sur leurs pages publiques Facebook.

Ces pages, ainsi que le témoignage d’un de mes cousins, sont la choquante et triste réalité des comportements incestueux de mon oncle et de mon grand-père.

Cette réalité, ils ne la supportent pas.

L’opprobre n’est pas jeté sur toute une famille comme ils le disent mais sur les quatre personnes qui le verbalisent. Ils ne sont pas représentatifs dans leur déni d’une famille de plus de 55 personnes vivantes, dont de nombreuses victimes.

Qu’ont-ils à se reprocher ? Quelle honte portent-ils ? Sont-ils uniquement dans le déni ou aussi peut être dans l’amnésie traumatique ? Je dois dire que je me pose la question.

Ils se défendent d’avoir été des victimes (comme au procès de leur frère Jacques Cviklinski à Draguignan en 2019) alors que le propos est la stèle du quai d’honneur de Calvi.

Pourquoi ? La honte d’être un maillon transgénérationnel ?

Puis ils parlent aux noms de tous leurs enfants: les 23 enfants n’ont pas été consultés ! Pourquoi parlent-ils en nos noms ? Je ne leur permets pas.

Pour moi, on touche à une des problématiques de notre famille, à savoir le fonctionnement patriarcal et autoritaire. Cette autorité toute puissante des hommes de la famille, sur les femmes et les enfants, on la retrouve dans leur article. Il y a de manière accablante le non-respect de l’altérité. Le non-respect de l’autre, de sa parole et de sa souffrance. On ne leur a pas appris que l’amour passe par l’écoute et que les femmes et les enfants ne leur appartiennent pas que ce soit au niveau des corps ou des paroles. Ce système d’oppression et de domination a été le lit de l’inceste.

L’image parfaite qu’ils veulent renvoyer à la société de notre famille, n’est pas représentative de la réalité. Ils veulent la préserver à tout prix, quelles qu’en soient les conséquences pour les victimes. Mais comment peuvent-ils persévérer dans le déni alors qu’ils ont tous été convoqués comme témoins dans les procès de leur frère Jacques Cviklinski. Ils savent.

De nombreuses victimes ont parlé, même s’il y a prescription pour certaines.

Alors, pourquoi aucun mot pour leur frère Jacques condamné à 15 ans de prison ferme en appel pour viols incestueux ?

Pourquoi aucun mot pour les victimes reconnues dans les procès ? Ce sont pourtant les voix de leur enfant, leurs nièces et filleules.

Leurs mots et leurs silences parlent d’eux, de leur positionnement familial, de leurs conflits de loyauté et de leurs hontes. En tant que parents ils DEVAIENT protéger leurs enfants et ceux de la famille.”

Vladimir Cviklinski

Actualisation du 22 mars :

Dernièrement, Jacques Cviklinski a été remis en liberté après avoir écopé de 15 ans de réclusion criminelle pour viols sur sa fille et sa nièce.

Une décision qui a suscité la colère des victimes. L’une d’elles s’insurge aussi contre la stèle dédiée à deux membres de cette famille à Calvi

L’affaire éclate en 2008. La fille de Jacques Cviklinski, porte plainte contre son père pour viol quand elle était âgée de 19 ans ainsi que pour attouchements sexuels qui auraient été commis pendant près de quatorze ans, notamment en Corse.

Il est par la suite accusé de viol et de tentative de viol sur sa nièce alors qu’elle avait 18 ans.

Aujourd’hui, âgé de 69 ans, cet ophtalmologue à la retraite, partageant sa résidence entre Marseille et Calvi a été condamné pour ces faits en première instance en 2017 à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône avant de faire appel.

Lors de son second procès, en 2019, à Draguignan, il a écopé de 15 ans de réclusion criminelle. Une affaire qui aurait pu s’arrêter là.

Mais Jacques Cviklinski a formé un pourvoi en cassation contre le verdict en invoquant la dégradation de son état de santé (diabète, problèmes oculaires) et le fait qu’il soit obligé de se déplacer en fauteuil roulant.

Il a été remis en liberté le 7 janvier dernier par la chambre de l’instruction et a été placé sous contrôle judiciaire.

Cette décision a provoqué une vague de colère et d’indignation chez les parties civiles comme l’écrit la nièce de l’accusé, Jessica Cviklinski dans un post sur Facebook.

“Mon oncle a fait presque un an de prison mais déjà trois demandes de sortie. Il l’a finalement obtenue pour raisons médicales le 7 janvier, sous contrôle judiciaire, assigné à résidence à Marseille. Il voulait être assigné à résidence en Corse mais… il serait si malade qu’il ne l’a pas obtenue car, dans son état, la justice a décidé qu’il valait mieux être à Marseille près des hôpitaux. Il aurait voulu pouvoir continuer à vivre comme après sa première condamnation”

Puis, elle souligne également que :

“Cet homme ne manifeste aucun remords pour ceux qu’il a trahis et détruits.”

Dans ce même courrier, elle dénonce aussi l’absence d’une contre-expertise médicale demandée par les parties civiles et considère que son oncle a “obtenu sa sortie de prison en trichant”.

Son avocat, Me Joanny Moulin, également conseil de l’association Enfance et Partage, avait émis des réserves auprès de la chambre de l’instruction du fait des réseaux professionnels et associatifs dont fait partie l’accusé.

Il lui avait signifié qu’il “était plus prudent de désigner un médecin expert hors du ressort de la cour d’appel d’Aix-en-Provence” observant notamment que l’expert en question “fait partie du service médical dont le chef a témoigné en faveur de l’accusé lors de son procès.

La chambre de l’instruction a répondu que son inscription sur une liste d’experts judiciaires est un gage d’objectivité.

Me Moulin comprend ainsi “l’amertume des parties civiles” devant cette remise en liberté mais il fait remarquer que “le vrai combat” était d’obtenir “la reconnaissance de la culpabilité” de l’accusé.

Pour sa part, Me Emmanuel Molina, l’avocat de Jacques Cviklinski, précise qu’en raison du pourvoi en cassation en cours d’examen, son client :

“Demeure présumé innocent. Sa remise en liberté est conforme à nos règles et n’est que justice au regard de sa situation personnelle et d’une accusation qu’il continue de contester avec force”.

En 1996, la municipalité de Calvi inaugurait une stèle en la mémoire de deux navigateurs disparus en mer, Marc et Jacques Cviklinski, frère et père de l’ophtalmologue.

Il y a quelques jours, la municipalité de Calvi a enlevé la stèle en mémoire aux navigateurs Marc et Jacques Cviklinsky. Tous deux accusé de viols incestueux par Jessica Cviklinski et ses soeurs. Olivier Sanchez-Crystal Pictures

 

Un hommage leur avait été rendu, en présence du ministre Bernard Pons, sur le quai d’honneur de la ville. Mais vingt-cinq ans après, cette stèle fait polémique.

Pour Jessica Cviklinski :

“Cet hommage est insoutenable. Mon oncle Marc m’a lui aussi violée quand j’avais 16 ans ; il a violé une de mes sœurs quand elle avait 14 ans dans la maison de nos grands-parents à Lumio. Mon grand-père m’a agressée un été où je travaillais à Lumio. Cette stèle en l’honneur des Cviklinski est d’un grand cynisme, elle ressemble à un couteau dans la plaie des victimes de cette famille, et de toutes les victimes de viols incestueux”.

Touchées par ce témoignage, plus de 270 personnes ont signé une pétition en ligne lancée par Donne in Lotta et demandant le retrait immédiat de cette stèle.

Le maire de Calvi, Ange Santini, a choisi de faire enlever la stèle il y a quelques jours en attendant la suite de cette affaire. Il explique :

“Au moment de l’inauguration de cette stèle en hommage à ces deux navigateurs renommés à l’échelle nationale, les accusations n’étaient pas encore connues. À l’époque, nous avons pensé de manière naturelle à honorer la mémoire de ces deux hommes. Cependant, en raison de ces graves accusations, le conseil municipal et moi-même avons pris la décision d’enlever cette plaque commémorative qui pouvait également prêter à confusion. En effet, le navigateur Jacques Cviklinski porte le même prénom que son fils condamné à 15 ans de réclusion criminelle.”

À l’heure où la parole des femmes devient de plus en plus libre, et où des affaires d’agressions sexuelles sur mineurs occupent le devant de l’actualité, Jessica Cviklinski considère que :

“Les victimes d’inceste et de pédocriminalité devraient toutes pouvoir sortir du silence, être entendues et écoutées. La honte est en train de changer de camp. Ce qui se joue en ce moment est un tournant historique pour la protection des enfants”.

 

Article du 24 février :

Condamné à 15 ans pour viols sur sa nièce, pourquoi l’accusé sort de prison un an après ?

Jacques Cviklinski, condamné en mars 2020 à quinze ans de réclusion en appel pour viols sur sa nièce, Jessika, est sorti de prison pour un état de santé incompatible avec son maintien en détention.

Une décision qui suscite la colère de Jessika après treize ans de combat judiciaire.

Jessika, quel est votre sentiment après ce nouvel épisode judiciaire ?

Lors de la demande d’expertise médicale, nos avocats ont demandé qu’elle ne soit pas réalisée par un médecin de la région marseillaise, afin d’éviter qu’elle soit faite par une connaissance de Jacques Cviklinski.

Fâcheusement, un médecin de La Timone a été désigné, or c’est un hôpital où mon oncle a exercé. Ce médecin expert appartient à un service qui est dirigé par un professeur avec qui mon oncle a mené une action au Lions Club de Marseille, et cela avec un troisième médecin de ce même service. Ils ont tous les trois tenu une conférence au Lions pour l’occasion, en 2016.

Le troisième médecin (qui n’est pas l’expert) a fourni une lettre de soutien à mon oncle lors du second procès d’Aix-en-Provence, en 2017.

Dans cette lettre, il dit que Jacques Cviklinski, président du Lions Club, s’est beaucoup démené pour collecter un don qu’il a fait au service de chirurgie infantile et orthopédique du Professeur J., à La Timone, etc. La cour dit que l’intégrité du médecin expert ne peut pas être mise en doute.

Pourquoi cet expert a-t-il accepté d’effectuer l’expertise dans ces conditions ? Pourquoi n’avoir pas dépaysé cette expertise ?

Là, je ne crois pas au hasard. Je demande aussi par qui et pourquoi l’accès à la salle des pas perdus a été interdit à la presse au premier procès d’Aix-en-Provence, en 2017.

Pourquoi une personne qui assistait au procès s’est vue arracher les pages de son carnet de notes par un policier ?

Je suis atterrée. Mon oncle est devenu président du Lions Club Lacydon de Marseille en 2015 et 2016, alors que la procédure était en cours depuis 2008, et, en 2016, devait avoir lieu son premier procès aux assises d’Aix-en-Provence.

Comment comprendre qu’après deux condamnations, à 12 ans, puis à 15 ans de prison ferme en appel, il soit toujours au bureau du Lions ? (L’accusé a décidé de se pourvoir en cassation NDLR).

Est-il toujours inscrit à l’ordre des médecins ?

Nous avons démontré qu’il bafouait son contrôle judiciaire en se rendant à l’anniversaire de sa loge maçonnique à Marseille, alors qu’il était à l’époque assigné à résidence en Corse.

Pourquoi cela n’a servi à rien ?

Mon oncle, Jacques Cviklinski, est un criminel condamné pour viols incestueux, mais, ce qui ajoute au crime aujourd’hui, c’est qu’il arrive à s’extraire des différentes condamnations de la justice.

C’est curieux de constater qu’en 2021, La Fontaine soit toujours d’actualité :

“La justice et l’application de ses peines sont différentes selon qu’on est puissant ou misérable.”

Cela suscite dégoût et colère.

 

Quel regard portez-vous sur la justice ?

Les condamnations m’ont rendue confiante, elles m’ont apaisée. Je me suis battue, nous nous sommes battus pour une cause juste. La reconnaissance des violences qu’on a subies et de la gravité des faits a été réparatrice.

Malheureusement, le processus judiciaire semble ne jamais pouvoir définitivement aboutir. Il fait un pourvoi en cassation. Il faut attendre encore, et recommencer peut-être un nouveau procès. Je voudrais plus que tout qu’on en finisse, et qu’il ne puisse plus nuire.

Pour cela, j’en viens à souhaiter qu’il meure des maladies qu’il dit avoir. Ce n’est pas normal d’en arriver là. Il semble avoir les moyens d’user de tous les recours possibles. Il n’arrêtera pas tant qu’il aura de l’argent, de l’entregent, et encore des recours.

De plus, nous savons que la justice manque de moyens, or une personne comme lui fait reporter les procès à répétition, à la dernière minute, ou bien en cours. Combien cela coûte-t-il à la communauté, au détriment des autres affaires ?

Quel coût psychologique, de santé et financier pour les victimes ?

 

Votre action en justice demeure-t-elle positive ?

C’est un élan vers la lumière que peuvent voir des victimes encore dans le silence. Mais le processus n’est pas terminé, j’attends de voir la suite. Pour l’heure, elle m’a libérée de l’emprise familiale. Elle a reconnu ce que mon oncle nous a infligé.

Cette reconnaissance est nécessaire pour se réparer, retrouver une dignité et une place dans la société. Mais l’action juridique ne suffit pas. Il faut pouvoir trouver de l’aide psychologiquement, par exemple. Pour tenir la route, il faut être solidement accompagné. C’est mon cas, je considère que j’ai beaucoup de chance. Quand ce processus arrivera à son terme, je pense qu’il sera riche d’enseignements. Il l’est déjà.

 

Quel témoignage faites-vous de votre combat ?

À 45 ans, j’ai parcouru un long chemin. D’abord isolée, abîmée, et en survie, j’ai cherché de l’aide et du soutien à l’intérieur de ma famille (parmi les personnes de ma génération) et aussi à l’extérieur, j’en ai trouvé. J’ai trouvé des personnes dotées de grandes qualités humaines, constantes, en qui j’ai eu confiance et qui ne m’ont jamais déçue.

Parmi elles, il y a mon avocat, Me Joanny Moulin. Il est payé par l’aide juridictionnelle pour mon affaire. À mes côtés depuis le début, il n’a jamais baissé la garde, disponible, réactif, compétent. Je ne me bats pas seule. Cependant, cette affaire est un dossier sur son bureau. Pour moi, c’est une part douloureuse de ma vie.

Je veux pouvoir tourner cette page.

Je n’imaginais pas un tel combat, mais il est salutaire.

J’encourage vivement les victimes à parler et à s’entourer pour se reconstruire et retrouver la liberté. Aussi, je souhaite que les événements de l’actualité lèvent enfin le tabou de l’inceste, c’est vital.

Il faut se former, faire de la prévention très tôt, et protéger ceux qui signalent.

Tous les enfants, quelle que soit leur condition sociale, doivent être protégés dès leur naissance. Mon engagement, ma participation pour un changement de société, est visible dans le documentaire réalisé par Michèle Bourgeot et produit par Thierry Maisonnave.

Sur le site Vimeo, un documentaire réalisé par Michèle Bourgeot, produit par France THM productions, intitulé “Une affaire de famille” relate le long parcours de Jessika Cviklinski, nièce de l’accusé, ainsi que son avocat, Me Joanny Moulin, membre de l’association “Parole d’enfant”.

Contact : [email protected]

Me Joanny Moulin, avocat de Jessika Cviklinski, revient sur “les trois épisodes” qui se sont conclus, le 11 janvier, par un arrêt de la chambre de l’instruction ordonnant la remise en liberté de Jacques Cviklinski.

Une décision motivée par le rapport de l’expert concluant que :

“L’état de santé de Jacques Cviklinski est incompatible avec son maintien en détention”.

Placé sous contrôle judiciaire, avec obligation de ne pas sortir du territoire national métropolitain, de s’absenter de son domicile, de remettre au greffe son passeport, Jacques Cviklinski vit actuellement à Marseille.

“Il y a eu trois audiences. Une demande de mise en liberté formulée par l’accusé disant que son état était incompatible avec une détention. Cela a été plaidé et je m’y suis opposé en disant que rien ne le prouvait. Et en expliquant surtout qu’il avait été pincé une fois en violation de contrôle judiciaire, en train de gambader dans les rues de Marseille alors qu’il avait comparu avec une espèce de fauteuil roulant devant la cour d’assises. Là, on avait gagné.”

Un premier refus qui n’arrête pas Jacques Cviklinski, puisqu’il entame une deuxième procédure, “une expertise cette fois-ci”, souligne Me Joanny Moulin.

“La cour a désigné un expert qui a rendu un rapport assez fourni, indiquant que son état actuel n’était plus compatible avec la détention. À cause du diabète, qu’il est en fauteuil roulant, qu’il est en train de perdre un œil, etc.”

La cour procède alors à sa libération et renvoie sur une troisième audience, en janvier.

Celle-ci devait décider :

“Si on le plaçait sous contrôle judiciaire ; lui souhaitait partir en Corse ; nous souhaitions le bracelet électronique, sachant que son port ne peut aller au-delà de 2 ans et qu’il avait déjà fait 15 mois de bracelet pendant l’instruction. Il a donc été placé sous contrôle judiciaire à Marseille.”

Si Me Moulin “aurait préféré qu’il reste en prison” l’avocat évalue que “compte tenu de ce rapport d’expertise, le maintien en détention aurait été irrémédiablement censuré par la cour de cassation via l’article 3 de la déclaration des Droits de l’Homme. Mais le fait qu’il ait été mis sous contrôle judiciaire strict à Marseille, je ne suis pas si déçu que ça.”

Conscient de l’amertume des plaignantes, Me Moulin souligne que :

“Il ne faut pas se tromper de combat : l’important, c’est la culpabilité. Je comprends qu’elles soient déçues et considèrent le fait qu’il sorte comme victorieux. Je peux l’entendre. Mais, techniquement, sur le dossier, en état du rapport d’expertise et dans l’hypothèse d’un pourvoi en cassation contre un arrêt de la chambre d’instruction qui aurait refusé la remise en liberté, la cassation aurait été certaine. La cour avait dit 15 ans et il n’a fait que deux ou trois années. Je comprends la dose d’amertume.”

Une libération via le rapport d’un expert que les avocats des parties civiles souhaitaient hors du ressort de la cour d’appel d’Aix :

“Dans la mesure où il est grand maître d’une loge maçonnique, ex-président d’un Lions Club, médecin ophtalmologue à Marseille et très introduit. La cour a répondu que le fait même d’être inscrit sur la liste des experts fait acte de probité ipso facto. La chambre a pourtant repris tous nos arguments. Je prouve que le médecin expert fait partie du service dont le chef a témoigné en faveur de Jacques Cviklinski. Que le second du service était en lien avec l’accusé. En revanche, je n’ai pu prouver que l’expert lui-même avait des liens directs avec l’accusé. Ils s’étaient beaucoup rencontrés dans le cadre d’action par le Lions Club, mais la cour disait que l’on ne pouvait suspecter la validité du rapport d’expertise.”

21 mars 2020 :

Un ophtalmologue marseillais aux attaches balanines, Jacques Cviklinski, a été reconnu coupable des faits incriminés par la cour d’assises d’appel du Var. Le jury a suivi les réquisitions de l’avocat général et a prononcé une peine plus lourde que celle rendue en première instance

Le verdict est tombé mardi au terme de douze jours de débats. La cour d’assises du Var, statuant en appel, a condamné Jacques Cviklinski à 15 ans de réclusion criminelle. Le jury populaire a suivi les réquisitions de l’avocat général.

Le procès avait débuté le 2 mars au palais de justice de Draguignan.

Jacques Cviklinski, 68 ans, était jugé notamment pour viol par personne ayant autorité et viol par ascendant.

Cet ophtalmologue, qui réside à Marseille mais partage son temps avec la Balagne où il a des attaches et où se trouve une demeure familiale, est accusé d’avoir, en 2004 à Paris, violé sa fille alors âgée de 19 ans, et de lui avoir fait subir des attouchements sexuels au cours d’une période s’étalant sur 14 ans à Marseille, dans le Var et en Corse.

Les premiers attouchements auraient eu lieu alors qu’elle n’avait que six ans.

Il est également accusé de viol et de tentative de viol sur sa nièce en 1994 à Marseille, elle avait 18 ans.

Le sexagénaire avait été condamné le 10 novembre 2017 à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône (le ministère public avait, là aussi, requis 15 ans).

Verdict dont il avait fait appel.

Il avait été reconnu coupable par les jurés de viols et tentative et d’une partie des attouchements sexuels incriminés (il avait été acquitté pour les autres).

« Un immense soulagement pour les victimes »

Mais mardi, la cour d’assises d’appel du Var l’a condamné pour la totalité des faits.

L’enquête avait démarré en 2008 à la suite d’un signalement à la justice par une psychologue de l’association Parole d’enfant, qui avait recueilli le témoignage de la fille de l’accusé.

Une affaire qui vient donc de trouver son épilogue.

Au bout de 12 années de procédure.

Une durée jugée « anormale » par les parties civiles, Caroline Cviklinski, 35 ans, et Jessika Cviklinski, 44 ans, respectivement fille et nièce de l’accusé.

D’autant que l’affaire a été citée à quatre reprises devant les assises.

En première instance, l’audience de la cour d’assises à Aix-en-Provence avait été inscrite une première fois au rôle en 2016 avant d’être renvoyée à 2017.

L’an dernier à Draguignan, le procès en appel, quelques jours après avoir débuté, avait dû être ajourné en raison de problèmes de santé invoqués par Jacques Cviklinski, et renvoyé donc à mars 2020.

« Les débats ont été très tendus et intenses et cette conclusion constitue un immense soulagement pour les victimes », déclare Me Joanny Moulin, avocat de Jessika Cviklinski et d’Enfance et partage, association de défense des droits des enfants qui s’était également constituée partie civile comme en première instance.

Me Clément Dalancon représentait, quant à lui, Caroline Cviklinskli.

«Elles sont apaisées, sereines.

Elles ne cherchaient pas vengeance mais seulement que justice soit rendue dans cette procédure qui a duré douze ans, ce qui est très long pour un tel dossier, poursuit Me Moulin.

C’était la quatrième fois qu’elles se préparaient pour un procès devant les assises, c’était une nouvelle épreuve.

C’est pourquoi il est important pour elles que tout cela soit terminé. »

L’accusé se pourvoit en cassation

La défense, cependant, n’a pas dit son dernier mot.

L’avocat de Jacques Cviklinski, Me Emmanuel Molina, estime que « sans même entendre le directeur d’enquête, ni l’ensemble des témoins, la cour d’assises du Var, qui avait prévu un mois d’audience, a jugé ce dossier en douze jours et en a précipité l’issue pour cause de coronavirus alors même que la Chancellerie recommandait l’annulation des sessions d’assises…

Le droit au procès équitable de cet homme très injustement condamné n’est donc pas respecté.

Une procédure en cassation est engagée.

Force ne restera pas à cet inadmissible verdict dicté par une forme de vendetta familiale qui n’honore personne. »

Source : Corse Matin

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