Aussonne | Un ex-entraîneur jugé pour au moins 18 agressions sexuelles

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“Nous savons qu’il y a beaucoup plus de victimes que celles ici présentes, peut être une centaine”
Illustration - PIXABAY / GELLINGER
Un homme de 54 ans est jugé au tribunal correctionnel de Toulouse pour agressions sexuelles sur 18 victimes. S’il a un temps entraîné les gardiens du club de foot de l’Etoile à Aussonne, il était aussi “l’homme à tout faire” et donc en contact avec de nombreux jeunes.

Actualisation du 5 Août 2021:

Il avait agressé sexuellement une vingtaine d’adolescents entre 2007 et 2020 : un ancien entraîneur d’un club de football de la banlieue de Toulouse (Haute-Garonne) a été condamné ce mercredi à huit ans de prison.

Cet homme de 54 ans, qui entraînait au club de football de la commune d’Aussonne, a également été condamné pour détention d’images pédopornographiques. 

Le tribunal correctionnel de Toulouse l’a aussi condamné à cinq ans de suivi socio-judiciaire.

En revanche, des accusations de viol avaient été écartées à l’issue de l’instruction.

Une peine juste

Le procureur avait requis 9 ans d’emprisonnement et trois ans de suivi socio-judiciaire lors de l’audience du 28 juillet.

L’avocate des parties civiles, Nelly Magendie a estimé:

“C’est une peine juste, à la hauteur de la gravité de ce qui a été commis et du nombre élevé de victimes”

Avant de rajouter:

“Il y a des vies fracassées, des jeunes qui ont sombré dans la drogue, qui reportent leur colère sur eux, qui sont dans une grande souffrance encore aujourd’hui”

De son côté, Alain Rouillé, l’avocat de l’ancien entraîneur, a qualifié la peine de “sévère”:

“Le tribunal n’a pas assez retenu qu’il a collaboré, qu’il a reconnu ses actes et qu’il a exprimé des regrets sincères, d’autre part les expertises psychologiques et psychiatriques montrent qu’il n’avait pas connaissance de la souffrance qu’il provoquait”.

Il s’enfermait dans un vestiaire avec ses victimes

Selon l’avocate des parties civiles, bien qu’il ait reconnu les faits, il a nié “la manipulation” qu’elle juge pourtant “évidente”.

Elle rappelle que, sous couvert de leur couper les cheveux gratuitement, il s’enfermait une fois par mois avec chacun des garçons concernés dans un vestiaire.

Il faisait alors prendre une douche au garçon qu’il séchait de haut en bas, lui proposait de lui tondre le pubis, le masturbait ou soufflait dans son pénis.

Me Magendie souligne:

“Il dit que ce vestiaire était le plus pratique, alors qu’il était le plus au fond. Il ne dit pas non plus qu’il les amadouait avec des friandises”

Parmi d’autres éléments allant dans le sens de la “manipulation”, elle estime encore, soulignant “l’emprise” de cet homme sur ses victimes:

“Il s’affichait comme soutien psychologique quand les enfants traversaient des moments difficiles”

Or, pour l’avocat de la défense:

“La frontière entre ce qui était interdit et ce qui ne l’était pas n’était pas claire pour lui”

“Ses victimes jouaient au tennis avec lui, redemandaient à le voir”

“Il n’avait rien dans sa vie. Il était lui-même comme un enfant”

Article du 29 Juillet 2021:

Un ex-membre du club de foot de l’Etoile Aussonnaise est jugé ce mercredi 28 juillet au tribunal correctionnel de Toulouse. 

Cet homme de 54 ans est accusé d’avoir abusé d’au moins 18 jeunes lorsqu’il était encadrant au club.

Les plus jeunes avaient 11 ans au moment des faits.

Une audience qui vire “à la foire d’empoigne”, 9 ans d’emprisonnement requis

Convoquée à 8h30 ce mercredi matin, l’audience n’a démarré que trois heures plus tard et elle a très vite viré à la “foire d’empoigne” selon les mots du procureur.

En cause : la réglementation sanitaire qui impose une jauge maximum de 25 personnes dans la salle d’audience.

Mais ce sont bien 25 parties civiles qui restaient assises sur les bancs.

Alors qui doit quitter la salle ? Pour les victimes, une vingtaine dont 18 parties civiles, renoncer au soutien de leurs proches dans ce procès, attendu parfois depuis l’adolescence, est intenable.

A l’issue du procès, le procureur a requis neuf ans de prison contre l’accusé.

La décision a été mise en délibéré au 4 août prochain.

Des victimes toujours traumatisées

Si certaines victimes sont toujours mineures, la plupart sont aujourd’hui majeures.

Les plus âgés forment une bande très soudée, qui a permis de briser le silence autour des agissements de leur ex-entraîneur lorsqu’un des leur “est parti en vrille subitement”.

Ils voulaient assister ensemble au procès et sont soutenus, parfois à bout de bras, par leurs familles.

Quand on leur demande de se séparer de ces soutiens, pour des raisons sanitaires, ces grands gaillards explosent : ils crient et s’en prennent aux représentants de la justice.

Après une suspension d’audience, le procureur a bien tenté de ramener la sérénité dans la salle mais les parties civiles n’en démordent pas.

Les parents de victimes ne veulent pas laisser ces jeunes face à leur ex-entraîneur.

Hélène, maman d’une victime et partie civile témoigne:

“Ça a couvé pour eux parfois pendant 15 ans. C’est très dur de révéler ça au grand jour et ils ont besoin de s’accrocher à quelqu’un, un parent, une compagne et on nous demande de les laisser”,

Une audience très mouvementée

L’audience reprend d’abord vers midi mercredi 28 juillet mais de nombreuses personnes restent à la porte.

Âgé de 54 ans, celui qui, malgré son absence de diplôme, était entraîneur des gardiens mais aussi “coiffeur” ou “kiné” pour le club reconnaît les faits à “plus de 90%”.

Des accusations de viols ont été écartées à l’issue de l’instruction.

Ce célibataire sans enfant est en prison depuis son arrestation en février 2020, pour des faits d’agressions sexuelles.

Son arrestation fait suite à une plainte déposée par une demi-douzaine de jeunes alors qu’il était toujours en poste au club.

Anthony en est à l’origine :

“C’est très dur, il m’a détruit mais on a voulu parler, porter plainte pour les autres, ceux qu’il continuait à voir tous les jours”.

Son frère Mathieu, venu du Mans pour assister au procès et lui aussi victime, l’assure :

 “On est que la partie immergée de l’iceberg, d’autres sont encore la tête sous l’eau”.

Aujourd’hui âgé de 29 ans, Mathieu explique que:

“Cet homme a encore une emprise car beaucoup de jeunes m’ont contacté en me disant qu’ils avaient eux aussi subi des choses mais ne voulaient pas témoigner”.

Maître Nelly Magendie, avocate des parties civiles explique:

“Nous savons qu’il y a beaucoup plus de victimes que celles ici présentes, peut être une centaine”

Une première demande de libération conditionnelle de l’ancien entraîneur a été rejetée ; il risque jusqu’à sept ans de prison.

Des centaines de photos sur son ordinateur

Lorsque l’audience a repris, à 14h, des centaines de photos volées de jeunes sous la douche et lors de massages ont été diffusées.

Elles ont été prises avec sa montre connectée et à l’aide d’appareil photo discret.

Il les sauvegardait ensuite dans son ordinateur qui a été saisi lors de l’enquête.

Très apprécié dans le club, il rendait beaucoup de services et offrait des cadeaux aux jeunes.

Ses victimes ont détaillé le même mode opératoire : il proposait d’abord de leur couper les cheveux, puis les isolait un par un avant de leur raser les jambes et de les agresser sexuellement. 

Le club aurait été alerté à au moins quatre reprises, sans preuve réelle, mais avec des faisceaux d’indice.

Par exemple, une infirmière bénévole s’inquiétait sur sa trop grande proximité avec les enfants.

Une autre personne l’avait trouvé enfermé avec un enfant dans un vestiaire fermé à clef.

Parmi les parties civiles, il y avait l’association Colosse aux pieds d’Argile, qui sensibilise le monde du sport aux violences sexuelles.

Un procès représentatif des cas suivis par cette association, explique leur représentant, Maître Frédéric Lonne :

 “Ce n’est qu’en libérant la parole c’est qui permettra un jour d’arrêter ce fléau”.

Depuis sa création en 2013, elle a accompagné plus de 1 800 victimes dont celles présentes au procès.

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