Aude | Bachir Haddaoui reconnu coupable de 728 viols sur sa fille adoptive
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 09/06/2026
- 10:50
Catégories :
Mots clés :
Culpabilité confirmée et verdict implacable devant la cour criminelle du Tarn-et-Garonne : Bachir Haddaoui, un technicien aéronautique de 61 ans, a été condamné ce vendredi 5 juin 2026 à quinze ans de réclusion criminelle pour les viols et agressions sexuelles incestueux commis sur sa fille adoptive entre 1999 et 2016 à Albias, Montauban et Port-Leucate (Aude).
Le sexagénaire est resté muré dans son déni face au calvaire de la victime, estimé à au moins 728 viols subis depuis l’âge de cinq ans, au terme d’un procès étouffant de trois jours marqué par la prescription des poursuites pour non-dénonciation de crime visant la mère.
Après trois heures de délibéré, la cour criminelle départementale de Tarn-et-Garonne a mis fin au suspense.
À 14 heures pile ce vendredi 5 juin 2026, la présidente Marie Leclair a confirmé la culpabilité de Bachir Haddaoui, 61 ans, pour l’ensemble des faits de viols et d’agressions sexuelles commis sur sa fille adoptive Amina (son prénom a été modifié) entre 1999 et 2016 à Albias, Montauban et Port-Leucate (Aude).
En répression, il est condamné, conformément aux réquisitions, à 15 ans de réclusion.
La sentence dite, le patriarche, qui bénéficiait de la liberté de ses mouvements durant ces trois jours de procès, a été escorté par deux policiers pour être conduit dans le box des accusés, afin de finir l’audience sur l’intérêt civil qui a suivi dans la foulée.
Avant que les magistrats ne se retirent pour sceller son destin, cette ultime journée d’audience avait basculé, dès les premières heures de la matinée, dans l’épilogue d’un face-à-face étouffant.
“Ça fait au moins 728 viols”
L’horloge affichait 9 heures ce vendredi matin quand le silence s’est fait, lourd.
Les regards se sont figés sur Me Rachel Lheureux.
L’avocate de la partie civile s’est avancée, la voix chargée d’une colère froide, rappelant d’emblée avec force que sa cliente a déposé plainte il y a plus de onze ans.
Elle a porté la parole d’Amina, dont la robe soulignait le ventre rond de future maman.
La démonstration de la culpabilité de Bachir s’est ouverte sur une arithmétique de l’horreur : deux viols par semaine des cinq aux neuf ans de la petite fille, puis un viol par semaine de ses neuf à ses quinze ans.
Le calcul de l’avocate a claqué comme une sentence dans le mutisme de la salle :
“J’ai compté. Ça fait au moins 728 viols. Amina a été violée par son père 728 fois !”
Dans la salle d’audience, l’accusé, un technicien aéronautique de 61 ans en chemise bleue, n’a pas cillé derrière ses épaisses lunettes.
Il est resté muré dans cette posture rigidifiée et ce sentiment de toute-puissance décrits par les psychiatres.
“Éternellement accusée à défaut d’être condamnée”
Le grand traumatisme de ce dossier, c’est aussi la faillite absolue du rempart maternel.
Me Lheureux a mis à nu le comportement de la mère, Malika, une trahison qualifiée de blessure “morale totale, aussi destructrice que les assauts physiques du père adoptif”.
La veille encore, à la barre, cette femme est restée incapable de demander pardon.
L’avocate de la victime a asséné ses vérités face à cette absente du banc des accusés :
“Elle n’a pas bénéficié d’un non-lieu, ni d’un acquittement, juste d’une ancienne loi mal faite. Ce qu’elle a fait est là, dans ce dossier, dans ses aveux du bout des lèvres quand je devais lui crier de dire à sa fille, enfin, qu’elle ne l’a pas protégée et qu’elle le regrette. Prescription ou pas, elle restera éternellement accusée à défaut d’être condamnée. Qu’est-ce qui est pire : passer pour une menteuse ou pour une allumeuse ? Amina, c’est la seule qui se soit jamais sacrifiée dans ce dossier depuis ses cinq ans.”
L’avocate a démonté un à un les rouages d’une emprise perverse, rappelant comment Bachir a brandi de fallacieux arguments religieux pour légitimer ses crimes.
Il y a aussi ce souvenir glaçant, celui du petit verre à dents bleu dans la maison de vacances de Port-Leucate, où le père avait contraint l’adolescente à boire son sperme pour “devenir sa fille biologique”.
Un détail qui n’a pu être inventé et qui a pesé lourd dans ce procès.
“Le déni de la gravité de leur acte”
Dans la foulée, l’assistance a basculé dans le réquisitoire, porté par l’avocate générale Manon Noël. Sa parole a été précise, clinique, replaçant le dossier dans la triste réalité des cours criminelles :
“On voit défiler des affaires de viols devant cette cour qui se ressemblent, mais pourtant un constat revient chez les accusés : le déni de la gravité de leur acte.”
La magistrate a déshabillé la stratégie de l’accusé, ce costume de “bienfaiteur” qu’il s’était taillé en répétant qu’il avait sauvé un enfant “impur” car né hors mariage, exigeant qu’elle l’appelle papa dès ses cinq ans, tout en la faisant passer pour une fille vénale.
“Toi aussi tu suces ton père quand je dors”
“Mais de quoi parle-t-on ?”, a interrogé la magistrate, décrivant un enfer quotidien : un père qui touche le sexe de la petite fille sous la douche dès l’âge de cinq ans, puis les fellations forcées, les cunnilingus, les pénétrations digitales.
Même majeure, alors qu’elle avait fui le domicile familial à 18 ans, le prédateur l’a rattrapée et l’a agressée sexuellement à deux reprises.
L’avocate générale a insisté sur la première plainte d’Amina, déposée en 2015, puis retirée trois mois plus tard sous la pression de sa mère.
La jeune fille n’avait pas menti, elle avait simplement eu peur pour l’avenir de ses petites sœurs.
Dans ce huis clos toxique, la cellule familiale a fini par voler en éclats.
Manon Noël a balayé les témoignages fluctuants de l’entourage, notamment celui de la tante paternelle qui prétendait que la victime avait un comportement “sexualisé” dès sept ans.
“À cet âge-là, on ne gémit pas et on ne reproduit pas des actes sexuels si on ne les a pas vus ou vécus”, a tonné la magistrate.
Puis vient le cas de la mère, Malika.
Si la loi l’a blanchie, la morale la condamne.
“Elle est coupable à vie moralement de ne pas l’avoir protégée dans sa maison”, a tonné l’avocate générale, citant cette phrase glaçante où la mère lançait à l’une de ses filles :
“Toi aussi tu suces ton père quand je dors”.
Tout le monde savait.
Pourtant, à part l’accusé, personne dans la famille ne dit qu’Amina ment.
“La honte et la culpabilité doivent changer de camp”
Au milieu de ce désastre, la magistrate a tenu à saluer la résilience de la victime.
Malgré une névrose post-traumatique sévère causée par plus d’une décennie de viols, Amina a réussi à se construire, à trouver une stabilité professionnelle, à devenir mère.
“Quel courage ! Quelle force ! Elle a été sacrifiée”, s’est enflammée l’avocate générale, martelant qu’”on ne peut pas inventer cela”, avant de conclure par une formule en forme de délivrance : “La honte et la culpabilité doivent changer de camp”.
“Nous sommes 15 ans après les faits et c’est parole contre parole”
La défense a alors pris la parole pour tenter d’ébranler cette certitude.
Me Jean-Lou Lévi a martelé avec force que le doute devait impérativement profiter à l’accusé, rappelant à la cour :
“Nous sommes 15 ans après les faits et c’est parole contre parole”.
Décortiquant les éléments contradictoires du dossier, l’avocat a insisté pour dire que les images pédopornographiques effacées et retrouvées dans l’ordinateur de l’accusé avaient bénéficié d’un non-lieu du parquet.
Une plaidoirie qui n’aura finalement pas suffi à faire douter la cour.
Source(s):
Les articles en liens
Saint-Eloy-les-Mines I Quatre ans ferme après des agressions sexuelles sur sa fille
Lorient | Une mère et deux pères accusé de corruption de mineurs, ils visionnaient des films pornographiques avec leurs enfants
Australie | L’argentier du Vatican, George Pell, accusé de sévices sexuels sur des mineurs, vient d’être acquitté


